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PROFIL D'UNE ÉQUIPE DE R-S
Lakehead Search & Rescue Unit (LSRU) : 40 années de service
et de transformations
Par Pat Skula, préposé aux soins médicaux d'urgence
(PSMU), R-S 1
1962 - Un petit garçon était porté disparu dans
le parc de Kakabeka Falls. La nuit tombait. Nous avons capté un
appel à l'aide. Dans notre naïveté, mon mari et moi,
qui sommes propriétaires d'un berger allemand, avons proposé
le flair de notre compagnon à quatre pattes pour aider aux recherches,
sans nous douter de la quantité de travail et d'entraînement
nécessaire pour devenir de bons maîtres-chien. Il vous faut
apprendre à " lire " ce qui se passe dans la tête
du chien et à faire confiance à l'animal tout en acceptant
vos propres peurs et réactions émotives à le voir
se tenir debout, plongé jusqu'au ventre dans des eaux torrentielles,
à regarder vers le haut des chutes.
À l'automne 1962, un groupe de chasseurs et de pêcheurs
de la région de Thunder Bay ont répondu à un appel
à l'aide pour retrouver un chasseur égaré. Le chaos,
la confusion et, parfois, les pratiques dangereuses qui ont suivi, par
exemple, apporter avec soi une carabine et de l'antigel, ont montré
clairement qu'il fallait de l'entraînement et de l'organisation,
non seulement pour retrouver une personne égarée, mais aussi
pour ramener les chercheurs chez eux sains et saufs.
Le chasseur n'a jamais été retrouvé, mais l'expérience
de 1962 a mené à la formation d'une équipe appelée
la Thunder Bay Bush Search and Rescue Squad (Escouade de recherche et
sauvetage en forêt de Thunder Bay), qui est devenue éventuellement
la Lakehead Search and Rescue Unit (LSRU, Unité de recherche et
sauvetage de la région Lakehead). Nous savions que nous avions
beaucoup à apprendre : comment exécuter une recherche exhaustive,
comment reconnaître ce que l'on voit et en comprendre la signification
et, surtout, comment s'assurer que les chercheurs eux-mêmes ne deviennent
pas d'autres victimes. Ensuite est arrivée la recherche du petit
garçon perdu dans le parc de Kakabeka Falls, et la réalité
cruelle nous a tous frappés au visage lorsque le gamin a été
retrouvé noyé dans un gouffre en amont des chutes.
Profondeur et diversité
Quand ont commencé les cours de formation de la LSRU, nous avons
constaté chez les membres de l'unité une somme étonnante
de compétences spécialisées aussi profondes que diverses.
Il y avait bien des novices comme mon mari et moi-même, mais aussi
des chasseurs, des pêcheurs et des trappeurs chevronnés,
de même qu'un ancien combattant de la " brigade des ombres
" de l'armée finnoise.
Étant la seule femme du groupe, aux tout débuts, j'ai connu
quelques expériences assez cocasses. Le médecin bénévole
de la LSRU, qui nous donnait un cours accéléré de
premiers soins, s'est rendu presque à la moitié de son propos
avant de s'apercevoir que l'un des " hommes des bois " auxquels
il s'adressait n'en était pas un ! Il a avoué plus tard
qu'au moment de sa découverte, il a passé quelques minutes
difficiles à essayer de se rappeler jusqu'à quel point il
avait utilisé un vocabulaire de rustre. La LSRU était une
organisation à pleine égalité d'accès. De
fait, notre premier coordonnateur des appels de demande d'intervention
vivait en fauteuil roulant.
Petit à petit, nous avons acquis des compétences en recherche
et sauvetage, nous nous sommes gagné la confiance des autorités
et, éventuellement, nous en sommes venus à recevoir trois
demandes de recherche en une seule fin de semaine. Ce genre d'activité
peut ruiner complètement tout projet de chasse, de pêche,
de camping ou de participation à des expositions canines. Pour
pouvoir passer quelques week-ends en paix, nous avons opté pour
la prévention. Nous avons ouvert notre école de formation
au public, fait paraître notre premier guide d'instructions et attendu
pour voir s'il allait se manifester quelque intérêt à
l'égard de la R-S. Après 35 ans, nous sommes obligés
de limiter nos inscriptions annuelles à 100 personnes et le nombre
de recherches a baissé à environ une demi-douzaine par an.
Transition et progrès
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| Big Red est la remorque à
matériel de la LSRU |
La LSRU a énormément évolué. Nous avons commencé
avec un crayon, un cahier d'écolier et une boussole sur le capot
d'un camion, puis nous sommes passés à une caravane pliante
spécialement conçue par l'équipe, et à la
fameuse " Big Red ", notre caravane de centre de commandement,
qui nous a bien servi pendant 25 ans. Lors de notre dîner de 40e
anniversaire, cette année, nous avons mis en évidence notre
nouvelle " flotte ". Nous avons maintenant un VLT Suburban muni
d'une civière, une remorque à matériel, qui sert
aussi de base auxiliaire d'opérations, et une nouvelle " Big
Red " équipée d'ordinateurs et de connexions GPS, radio
et téléphone cellulaire. Nous pouvons maintenant nous rendre
directement à une zone de recherche et imprimer, pour chaque chef
d'équipe, le segment de carte géographique qui convient.
Du groupe original, il reste peut-être une douzaine de membres
qui travaillent toujours à la LSRU. Ce sont tous des ressources
précieuses qui enseignent, conseillent et encadrent. Certains sont
demeurés des chercheurs actifs, uvrant de concert avec les
membres novices et ceux de la nouvelle génération informatisée.
C'est dans cet esprit de mentorat, d'équipe et de bénévolat
sans réserve que la LSRU envisage ses 40 prochaines années
de service.
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