Secrétariat national recherche et sauvetage / National Search and Rescue Secretariat Gouvernement du Canada

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Vol. 12 no. 3
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Dans ce numéro...

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PROFIL D'UNE ÉQUIPE DE R-S

Lakehead Search & Rescue Unit (LSRU) : 40 années de service et de transformations

Par Pat Skula, préposé aux soins médicaux d'urgence (PSMU), R-S 1

1962 - Un petit garçon était porté disparu dans le parc de Kakabeka Falls. La nuit tombait. Nous avons capté un appel à l'aide. Dans notre naïveté, mon mari et moi, qui sommes propriétaires d'un berger allemand, avons proposé le flair de notre compagnon à quatre pattes pour aider aux recherches, sans nous douter de la quantité de travail et d'entraînement nécessaire pour devenir de bons maîtres-chien. Il vous faut apprendre à " lire " ce qui se passe dans la tête du chien et à faire confiance à l'animal tout en acceptant vos propres peurs et réactions émotives à le voir se tenir debout, plongé jusqu'au ventre dans des eaux torrentielles, à regarder vers le haut des chutes.

À l'automne 1962, un groupe de chasseurs et de pêcheurs de la région de Thunder Bay ont répondu à un appel à l'aide pour retrouver un chasseur égaré. Le chaos, la confusion et, parfois, les pratiques dangereuses qui ont suivi, par exemple, apporter avec soi une carabine et de l'antigel, ont montré clairement qu'il fallait de l'entraînement et de l'organisation, non seulement pour retrouver une personne égarée, mais aussi pour ramener les chercheurs chez eux sains et saufs.

Le chasseur n'a jamais été retrouvé, mais l'expérience de 1962 a mené à la formation d'une équipe appelée la Thunder Bay Bush Search and Rescue Squad (Escouade de recherche et sauvetage en forêt de Thunder Bay), qui est devenue éventuellement la Lakehead Search and Rescue Unit (LSRU, Unité de recherche et sauvetage de la région Lakehead). Nous savions que nous avions beaucoup à apprendre : comment exécuter une recherche exhaustive, comment reconnaître ce que l'on voit et en comprendre la signification et, surtout, comment s'assurer que les chercheurs eux-mêmes ne deviennent pas d'autres victimes. Ensuite est arrivée la recherche du petit garçon perdu dans le parc de Kakabeka Falls, et la réalité cruelle nous a tous frappés au visage lorsque le gamin a été retrouvé noyé dans un gouffre en amont des chutes.

Profondeur et diversité

Quand ont commencé les cours de formation de la LSRU, nous avons constaté chez les membres de l'unité une somme étonnante de compétences spécialisées aussi profondes que diverses. Il y avait bien des novices comme mon mari et moi-même, mais aussi des chasseurs, des pêcheurs et des trappeurs chevronnés, de même qu'un ancien combattant de la " brigade des ombres " de l'armée finnoise.
Étant la seule femme du groupe, aux tout débuts, j'ai connu quelques expériences assez cocasses. Le médecin bénévole de la LSRU, qui nous donnait un cours accéléré de premiers soins, s'est rendu presque à la moitié de son propos avant de s'apercevoir que l'un des " hommes des bois " auxquels il s'adressait n'en était pas un ! Il a avoué plus tard qu'au moment de sa découverte, il a passé quelques minutes difficiles à essayer de se rappeler jusqu'à quel point il avait utilisé un vocabulaire de rustre. La LSRU était une organisation à pleine égalité d'accès. De fait, notre premier coordonnateur des appels de demande d'intervention vivait en fauteuil roulant.

Petit à petit, nous avons acquis des compétences en recherche et sauvetage, nous nous sommes gagné la confiance des autorités et, éventuellement, nous en sommes venus à recevoir trois demandes de recherche en une seule fin de semaine. Ce genre d'activité peut ruiner complètement tout projet de chasse, de pêche, de camping ou de participation à des expositions canines. Pour pouvoir passer quelques week-ends en paix, nous avons opté pour la prévention. Nous avons ouvert notre école de formation au public, fait paraître notre premier guide d'instructions et attendu pour voir s'il allait se manifester quelque intérêt à l'égard de la R-S. Après 35 ans, nous sommes obligés de limiter nos inscriptions annuelles à 100 personnes et le nombre de recherches a baissé à environ une demi-douzaine par an.

Transition et progrès

Caravane de centre de commandement
Big Red est la remorque à matériel de la LSRU

La LSRU a énormément évolué. Nous avons commencé avec un crayon, un cahier d'écolier et une boussole sur le capot d'un camion, puis nous sommes passés à une caravane pliante spécialement conçue par l'équipe, et à la fameuse " Big Red ", notre caravane de centre de commandement, qui nous a bien servi pendant 25 ans. Lors de notre dîner de 40e anniversaire, cette année, nous avons mis en évidence notre nouvelle " flotte ". Nous avons maintenant un VLT Suburban muni d'une civière, une remorque à matériel, qui sert aussi de base auxiliaire d'opérations, et une nouvelle " Big Red " équipée d'ordinateurs et de connexions GPS, radio et téléphone cellulaire. Nous pouvons maintenant nous rendre directement à une zone de recherche et imprimer, pour chaque chef d'équipe, le segment de carte géographique qui convient.

Du groupe original, il reste peut-être une douzaine de membres qui travaillent toujours à la LSRU. Ce sont tous des ressources précieuses qui enseignent, conseillent et encadrent. Certains sont demeurés des chercheurs actifs, œuvrant de concert avec les membres novices et ceux de la nouvelle génération informatisée. C'est dans cet esprit de mentorat, d'équipe et de bénévolat sans réserve que la LSRU envisage ses 40 prochaines années de service.

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Date Modified: 2003-01-14

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