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Août 2003

Vol. 13 no. 2
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Étude de cinq ans sur les attitudes à l'égard des VFI

par Sharon Andrews

Dans le numéro de décembre 2002 du bulletin de nouvelles du Conseil canadien de la sécurité nautique, un article sur le symposium annuel du Conseil mentionne que la conférencière principale invitée lors du dîner, la journaliste Ann Medina, a mis tout son auditoire au défi d'adresser aux " vrais plaisanciers ", dont elle-même, des messages de sécurité qui soient réalistes et crédibles. Parmi les participants se trouvait une personne bien près de relever ce défi. Il s'agit de Brian Avery, du Bureau de la sécurité nautique à la Garde côtière canadienne. Au moment du symposium, M. Avery dirigeait une équipe, à la GCC, qui était sur le point d'achever un projet de recherche-développement de cinq ans visant l'élaboration de stratégies et de messages pertinents et significatifs, après avoir procédé à une vaste étude de marché sociale en vue de généraliser le port du vêtement de flottaison individuel (VFI) et du gilet de sauvetage parmi les plaisanciers canadiens.

Ces travaux de recherche ont commencé pendant l'exercice 1998-1999 avec la création d'un comité directeur, l'examen des documents pertinents et la tenue de séances de groupes de réflexion, le tout destiné à déterminer des taux-repères de port du VFI à travers le Canada et à comprendre les facteurs qui motivent les plaisanciers à porter ou non le VFI. La plupart des données alors existantes étaient fragmentées et d'envergure régionale, mais, en étudiant les problèmes, il s'est révélé possible d'élaborer un questionnaire propre à susciter la collecte de données valables et quantifiables.

Pendant la saison de navigation de plaisance de 2000, l'équipe a réalisé une étude nationale d'observation des amateurs actifs et en est arrivée à un taux de base selon lequel 20 p. 100 des plaisanciers canadiens portent un VFI (sur des bateaux de six mètres ou moins). Parmi les autres constatations intéressantes, on a remarqué que le comportement du conducteur du bateau influait sur le taux de port du VFI par les passagers, et que deux régions se caractérisaient par un port plus assidu que la moyenne, à savoir le Grand Nord (44 p. 100) et la province de Terre-Neuve-et-Labrador (60 p. 100).

Des tendances se dessinent
En 2001, à l'occasion d'un sondage national par téléphone, on a interrogé environ 4 000 personnes au sujet de leurs attitudes à l'égard des VFI et des gilets de sauvetage. Voici certaines des tendances décelées :

  • la décision de porter un VFI est souvent fondée sur le niveau de risque en présence;
  • la plupart des gens porteraient un VFI si le conducteur du bateau le leur demandait;
  • les personnes bien nanties et à scolarité élevée se targuent d'un meilleur contrôle sur leur environnement et justifient ainsi leur refus de porter un VFI;
  • les femmes sont mieux sensibilisées à la sécurité que les hommes;
  • la majorité des personnes interrogées appuierait le port obligatoire du VFI.

L'année suivante, des groupes de réflexion tenus dans les deux régions à taux élevé de port du VFI ont permis de comprendre encore mieux la situation. Les plaisanciers déclarant porter toujours ou presque toujours un VFI mentionnent, comme motifs de leur comportement, des facteurs tels que des risques liés à l'environnement (lacs de grande dimension, océan, air froid et température de l'eau); le souci d'être prêt à faire face à l'imprévu; une expérience de quasi-noyade ou le fait d'avoir connu une personne qui s'est noyée; et même des directives parentales de longue date. Dans l'ensemble, les personnes interrogées croient que le conducteur du bateau est responsable de la sécurité de tous les passagers, et que la décision de porter ou non un VFI devrait se fonder sur une évaluation personnelle du danger. Bref, le port obligatoire du VFI serait impossible à appliquer.

L'enquête nationale sur les attitudes à l'égard du VFI s'est achevée à l'automne 2002 et a touché un échantillon de 600 personnes vivant dans le Nord. Tout comme dans le reste du Canada, la majorité ne voyait pas bien la différence entre gilet de sauvetage et VFI, mais les plaisanciers du Nord sont plus nombreux (80 p. 100) que ceux du reste du pays (70 p. 100) à manifester une attitude positive à l'égard du VFI, et ils expriment aussi de fortes convictions quant à la nécessité de porter un VFI même lorsque l'on a des compétences solides en navigation.

Décision basée sur le degré de risque appréhendé
L'enquête sur les attitudes, en deux parties, a permis d'établir des comparaisons détaillées. Selon l'une des attitudes très répandues, la décision de porter un VFI se fonde premièrement sur le degré de risque perçu. Si le plaisancier croit que le risque est tolérable, il ne portera pas de VFI. Plus souvent une personne se livre à des activités de plaisance en toute sécurité et moins elle y percevra de danger et portera un VFI.

La majorité des Canadiens se situent quelque part au milieu d'un continuum allant de ceux qui ne portent pratiquement jamais de VFI à ceux qui en porte toujours un. Bien que la plupart des plaisanciers croient que les activités de navigation comporteraient moins de danger s'ils portaient un VFI, et que plus de 90 p. 100 d'entre eux ont à bord le nombre requis de VFI, les taux de port du vêtement sont bas et, parmi les raisons invoquées, on retrouve le plus souvent l'inconfort, le manque de mobilité pour chasser et pêcher et le fait que les VFI sont sales ou sentent mauvais. Étant donné que de nombreux plaisanciers ne sont pas encore au courant des améliorations récentes ou des différences en un VFI et un gilet de sauvetage, toute campagne visant à généraliser le recours au VFI devra certainement être précédée de nouveaux efforts d'information sur la nature et les attributs des deux produits.

Même si la recherche est maintenant achevée, le directeur du projet, Brian Avery, surintendant du Bureau de la sécurité nautique de la Garde côtière canadienne à Terre-Neuve-et-Labrador, souligne qu'il reste énormément de travail à faire, surtout en ce qui concerne l'élaboration d'outils de communication. En plus du fait que les risques de la navigation de plaisance varient d'une région à l'autre du pays et que les campagnes de marketing doivent donc obligatoirement être adaptées à l'échelle régionale, les spécialistes du marketing et de la communication estiment que les changements d'attitude manifestés par des modifications de comportement ne commenceront pas à se remarquer avant la fin d'une période de 10 ans au moins suivant la mise en place d'une stratégie de communication efficace.

* Le gilet de sauvetage est conçu de manière à mettre une personne inconsciente en position couchée sur le dos, et ce en quelques secondes seulement. Le vêtement de flottaison individuel (VFI) maintient hors de l'eau la tête d'une personne consciente en eaux calmes et il aide à se débrouiller et à surnager en eaux rapides ou agitées. Le VFI n'est pas conçu dans le but de retourner sur le dos une personne inconsciente tombée à l'eau. (Revue SARSCÈNE, été 1998)

Sharon Andrews travaille au Bureau de la sécurité nautique de la Garde côtière canadienne pour la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

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Date Modified: 2003-09-22

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