PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE
RAPPORT ANNUEL 2003
La communauté de la R-S
Les responsables de la R-S
Au Canada, le gouvernement fédéral et les autorités
provinciales et territoriales ont chacun des responsabilités constitutionnelles
liées à la recherche et au sauvetage au sein de leur propre
champ de compétence. En plus, des ententes de collaboration avec
les municipalités et les nombreuses organisations non gouvernementales
de R-S qui établissent une autre gamme d'activités pour
ces organisations, aussi bien en matière de prévention que
d'intervention en R-S. Le Programme fédéral de recherche
et de sauvetage (PFRS) cible les responsabilités fédérales
en matière de R-S, par le biais de relations étroites entre
les six ministères fédéraux partenaires de la R-S.
L'objectif des programmes de R-S est de sauver des vies en minimisant
le nombre des personnes susceptibles de se trouver en détresse,
d'une part, et d'autre part, en fournissant des services d'intervention
efficace, au besoin.
La responsabilité fédérale des opérations
de R-S est partagée entre six partenaires :
Les Forces canadiennes (FC), Ministère de la Défense nationale
La Garde côtière canadienne (GCC), Pêches et Océans
Canada
Parcs Canada (PC)
La Gendarmerie royale du Canada (GRC), Sécurité publique
et Protection civile Canada
Le Service météorologique du Canada (SMC), Environnement
Canada
Transports Canada (TC)
Le Secrétariat national de recherche et de sauvetage (SNRS) est
responsable de la politique en matière du programme national de
R-S, de la planification, de la coordination et de la publication des
rapports afférents, en étroite collaboration avec les directions
générales dispensatrices de services de R-S.
On peut répartir les incidents en trois catégories, soit
les incidents de nature maritime, aérienne et au sol.
Le volet maritime touche les activités de R-S relevant du domaine
de responsabilité océanique du Canada, ce qui comprend également
la Voie maritime du Saint-Laurent et les Grands Lacs. Les interventions
de R-S maritime incombent au gouvernement fédéral, par l'entremise
des trois Centres conjoints de coordination de sauvetage (JRCC) et des
deux Centres auxiliaires de sauvetage maritime (CASM). Les activités
de R-S maritime relèvent des bateaux de la Garde côtière
canadienne (GCC) et de la Garde côtière auxiliaire canadienne
(GCAC) ainsi que des aéronefs des Forces canadiennes.
La R-S aérienne couvre tout genre de recherche d'aéronefs,
au-dessus des territoires marin et terrestre. Les interventions de ce
genre d'incident de R-S relèvent aussi des trois JRCC. Les opérations
aéronautiques de R-S sont celles des aéronefs des Forces
canadiennes et de l'Association civile de recherche et de sauvetage aériens
(ACRSA); si l'itinéraire prévu d'un aéronef disparu
croise des plans d'eau, la GCC et la GCAC interviennent aussi.
Les services de R-S au sol, comme de localiser des personnes perdues,
disparues ou en détresse, sont le fait d'organisations qui relèvent
des gouvernements provinciaux et territoriaux. Ces activités comprennent
les recherches dans les plans d'eau, lacs et rivières, à
l'exception des Parcs nationaux. La plupart du temps, ce sont des organisations
des mesures d'urgence, sous autorité provinciale ou territoriale,
qui en sont responsables. Elles en confient les activités de R-S
à la police, au personnel des services d'urgence et à un
réseau étendu de bénévoles compétents.
Au sein des Parcs nationaux du Canada, les interventions de R-S - que
ce soit des sauvetages sur champs de glace, lors d'avalanches ou en région
sauvage, par exemple, incombent aux spécialistes et bénévoles
de Parcs Canada, qui les coordonnent et les effectuent.
La figure 1 décrit le domaine de responsabilité fédérale
canadienne en R-S.

Figure 1 - Domaine canadien de responsabilité en R-S
JRCC - Centre conjoint de coordination de sauvetage
SRR - Région de recherche et de sauvetage (RRS)
MRSC - Centre auxiliaire de sauvetage maritime (CASM)
MCC - Centre de contrôle des missions (CCM) (Satellite canadien
de R-S - SARSAT - Centre de contrôle)
R-S : Évolution des défis et des pressions
L'évolution du profil démographique du Canada pose un risque
de R-S accru : les données du Recensement canadien de 2001 et le
profil environnemental de la GRC de 2003 indiquent que le vieillissement
des citoyens canadiens, dont un grand nombre demeurent actifs et en santé
jusqu'à un âge avancé, consacrent des ressources importantes
à la poursuite d'activités de loisirs plus exigeantes qu'auparavant.
En outre, le profil de la communauté des bénévoles,
qui représentent un volet crucial de la R-S, est aussi en évolution,
alors que de plus en plus les jeunes quittent les collectivités
rurales pour se rendre en ville étudier et travailler. Par voie
de conséquence, on constate une baisse du nombre des bénévoles
de R-S dans les régions rurales.
D'autre part, l'accroissement des besoins de services de R-S provient
de la hausse des activités récréatives comme le kayak
et l'ascension de parois rocheuses, d'une tendance accrue aux voyages
vers et dans le Nord canadien et de la hausse des croisières, tout
particulièrement dans des plans d'eau éloignés.
Les catastrophes naturelles des dernières années, associées
à la reconnaissance que les bénévoles composent une
ressource compétente et organisée, ont des conséquences
sur le domaine de la R-S. Le personnel formé (y compris les bénévoles),
les bateaux, aéronefs et véhicules servant aux activités
de R-S doivent de plus en plus correspondre à des fonctions pluri-disciplinaires.
L'un des principaux éléments d'une utilisation responsable
des ressources de R-S prend racine dans l'accent mis de plus en plus sur
les activités de prévention de la R-S. Cependant, la prévention
en matière de R-S dépend en grande partie de la participation
des bénévoles qui, comme nous l'avons dit, peuvent être
influencés par des conditions démographiques. À cela
vient s'ajouter la rareté des fonds publics consacrés à
ce domaine. Ce contexte exacerbera la pression sur les ressources bénévoles
comme l'Association civile de recherche et de sauvetage aériens
(ACRSA), la Garde côtière auxiliaire canadienne (GCAC) et
les associations bénévoles de recherche et sauvetage au
sol (RSS).
Le Canada, signataire de divers accords internationaux, participe aux
efforts internationaux de R-S. Il faut donc considérer tout changement
pouvant se produire au sein de l'Organisation
de l'aviation civile internationale (OACI) et de l'Organisation
maritime internationale (OMI) en fonction des implications possibles
pour le Programme national de recherche et de sauvetage. La menace terroriste
accrue des deux dernières années et, en conséquence,
la réévaluation de la position canadienne en matière
de sécurité ont encore une fois résulté dans
une pluridisciplinarité des effectifs et équipements de
R-S maritime. Cela nous mène au besoin d'une utilisation encore
plus souple de toutes les ressources fédérales. Cette tendance
continuera sans aucun doute à se manifester pendant encore un certain
nombre d'années.
Les développements technologiques des communications satellite
et du matériel de localisation ont accru la capacité des
personnes en difficulté ou en détresse de réclamer
de l'aide. Le nombre des demandes d'intervention en R-S devrait augmenter,
à mesure que la technologie devient plus abordable et que le marché
se dote davantage de radiobalises, de systèmes mondiaux de localisation,
etc. Par contre, ces percées technologiques devraient aussi réduire
le besoin d'entreprendre de longues recherches sans grande information
sur le sujet, parce que la position géographique des gens en détresse
sera probablement alors mieux connue.
L'amélioration de la technologie présente d'autres défis
connexes. Depuis deux ans, les principaux fournisseurs fédéraux
de services de R-S ont reçu du nouveau matériel, amélioré
(hélicoptères, canots de sauvetage). La capacité
d'intervention en R-S s'en est accrue, mais cela a aussi exigé
que l'on forme le personnel en conséquence. Toute introduction
de nouveau matériel et de nouvelle technologie s'assortit de coûts
de formation afférents.
Les exigences de l'interopérabilité, c'est-à-dire
le besoin de coordonner le matériel, la formation et la procédure
générale à partager entre les divers intervenants
de R-S, demeurent tout un défi. La diversité complexe des
organisations et autorités des échelons territoriaux et
provinciaux qui, avec les organismes fédéraux, composent
le système canadien de sécurité en R-S font que pour
en venir un jour à une prestation sans faille, il faut plus que
jamais régler les questions de coordination efficace et de matériel
d'usage commun. En fonction des expériences vécues aussi
bien lors d'exercices que d'interventions véritables, il s'avère
de toute première importance de pouvoir compter sur des communications
radio fiables et accessibles par tous les intervenants. Les exercices
réalistes, simulant des situations possibles de R-S, sont l'un
des moyens les plus efficaces de veiller à ce que le système
soit pleinement fonctionnel au moment où le besoin se présente.
Cependant, dans un contexte où de nombreux champs de compétence
y participent, le processus est coûteux et exige beaucoup de planification
préalable.
En plus des défis mentionnés ci-avant, les limites des
finances publiques, de pair avec l'existence d'autres priorités
des gouvernements, ont aussi joué en défaveur des services
de R-S au Canada. La communauté fédérale de la R-S
se voit constamment demander de revoir ses engagements et ses plans pour
s'assurer encore d'obtenir la meilleure valeur possible en contrepartie
des deniers publics.
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