PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE
RAPPORT ANNUEL 2004
La planification du programme en 2004 : la situation actuelle
Cette section du Rapport annuel s'intéresse aux enjeux de R-S
que relève le Plan du programme de 2004, soit ceux qui suscitent,
à l'échelon du programme, l'attention des ministères
membres du CIRS. Il faut voir que bon nombre de ces enjeux concernent
des questions dont le déroulement se fera sur une base pluriannuelle,
et que l'on continuera de les affiner avec le temps.
Ces questions s'articulent autour de ces orientations
stratégiques du Programme national de R-S qui ont été
approuvées par le CIRS. Soit :
- R-S sans faille;
- R-S dans le Nord;
- R-S en mer;
- Bénévoles.
R-S sans faille
D'ordinaire, les opérations de R-S, font appel à des ressources
provenant de plus d'un organisme membre du CIRS, en plus des groupes bénévoles
et des organisations provinciales et territoriales. C'est tout particulièrement
le cas lors des déploiements d'envergure. L'efficacité de
la coordination et des communications entre ces fournisseurs de services
demeure la source de nombreux défis. Pour en arriver un jour à
jouir d'un système de R-S sans faille, il est essentiel d'harmoniser
toutes les activités aussi bien de prévention que d'intervention
de tous les intervenants et de s'assurer de l'interopérabilité
de tout le matériel utilisé.
Interopérabilité
En dépit des diverses améliorations au chapitre de l'interopérabilité,
certaines lacunes demeurent en matière de coordination et de communication
entre la foule d'organismes qui participent au PNRS, notamment en ce qui
touche le matériel de R-S et les procédures à normaliser.
En 2003, le Conseil national de RSS a recommandé au SNRS d'effectuer
une étude sur les questions d'interopérabilité relatives
à une fréquence radio nationale de R-S. Tout au long de
l'année 2004, le SNRS a continué à faciliter l'avancement
des travaux sur ce pilier de la prestation de R-S sans faille. Un groupe
de travail national sur les communications radio de R-S a été
mis sur pied. Il se compose de représentants de la R-S aux échelons
fédéral, provincial et territorial et d'autres intervenants,
comme Industrie Canada. Le groupe a obtenu les résultats suivants
en 2004 :
- L'approbation d'un projet du FNI du Centre
de recherche sur les communications visant à développer
un prototype de radio privé virtuel qui permettra d'accroître
l'interopérabilité des communications radio.
- La présentation à Industrie Canada d'une proposition
relative à l'implantation des fréquences FACRS (fréquence
pour l'aviation civile de recherche et de sauvetage) et FNIORS (fréquence
nationale inter-organismes de recherche et de sauvetage) pour les activités
de R-S.
Exercices multi-instances (EMI)
Les exercices faisant appel à des instances multiples qui ont
des mandats ainsi que des responsabilités diverses sont indispensables
à l'atteinte de l'interopérabilité. Les EMI aident
les organismes à accroître leurs connaissances et à
établir une confiance mutuelle. En 2004, un exercice conjoint sur
le lac Érié a permis de simuler un accident grave à
bord d'un navire à passagers. La Garde côtière canadienne,
les Forces canadiennes, la Garde
côtière américaine, les forces policières
régionales des deux côtés de la frontière ainsi
que des unités des Gardes côtières auxiliaires canadiennes
et américaines, sont les principaux organismes qui ont participé
activement à l'exercice. D'autres autorités et organismes
civils ont également pris part à l'EMI.
Alertes de R-S par téléphone portable
La population se sert de plus en plus des téléphones portables
pour alerter les autorités d'incidents de R-S, par le biais du
service 9-1-1. Cependant, on ne peut pas toujours se fier aux téléphones
portables pour sonner l'alarme en R-S.
Les centres d'appel recevant ces alertes sont tous sous la responsabilité
de diverses autorités policières et municipales, selon la
région du pays. Certaines de ces autorités n'ont pas de
lien direct avec les JRCC et ne connaissent même pas leur rôle.
Cette lacune peut entraîner des retards lorsqu'il s'agit d'intervenir
de façon efficace. De plus, dans les régions éloignées,
la couverture n'est pas toujours disponible.
Néanmoins, on ignore souvent d'autres moyens d'alerte, plus fiables.
Le matériel d'alerte approprié, comme la RLS
(radiobalise de localisation des sinistres) ou la BLP
(balise de localisation personnelle), a l'avantage de transmettre
précisément la provenance de l'appel.
Tout au long de l'année 2004, les efforts se sont poursuivis afin
de sensibiliser la population quant à l'achat et l'utilisation
appropriée du matériel de communication de R-S, comme les
postes émetteurs-récepteurs de radio marine sur les plans
d'eau pour les plaisanciers. De plus, le SNRS a continué à
travailler avec les organisations qui chapeautent des services d'appel
9-1-1, afin d'améliorer les liens entre ces centres et les JRCC.
Disponibilité et qualité des données de R-S
Les données de R-S ne sont pas toujours recueillies dans des formats
compatibles, ce qui rend difficile la comparaison des renseignements et
des statistiques. La planification et la mise en uvre de nouveaux
systèmes originaux permettant de suivre les incidents de R-S, d'en
connaître les ressources déployées, les résultats,
les coûts et d'autres données sont en cours, notamment aux
JRCC, à Parcs Canada et à la GRC.
La mise en place, en 2003, du système de gestion des missions
de recherche dans les JRCC et les CASM a amélioré la cueillette
des données. En 2004, les travaux se sont poursuivis afin de rehausser
la qualité du système.
Arrivée des nouveaux hélicoptères de R-S
Le remplacement de l'hélicoptère CH-113 Labrador par le
CH-149 Cormorant,
le nouvel hélicoptère canadien de R-S est chose faite. Au
cours de l'été 2004, le dernier vol de l'hélicoptère
Labrador a eu lieu et le Labrador numéro 301 a fait son entrée
au Musée de l'aviation du Canada à Ottawa.
Le Cormorant est supérieur à son prédécesseur
en ce qui a trait à sa capacité d'utilisation. On peut s'en
servir lors d'opérations menées dans certaines conditions
météorologiques qui empêchaient l'utilisation de la
génération précédente d'aéronefs. De
plus, il offre un rayon d'action et une vitesse de croisière améliorée
et est capable de transporter plus de passagers et de matériel.
Les deux hélicoptères sont fort différents quant
à la taille de l'appareil et quant à la configuration du
rotor, ce qui influence tout personnel travaillant en étroite proximité
avec l'appareil. Les Forces canadiennes ont mis en place un programme
exhaustif de formation sur l'utilisation du Cormorant pour les employés.
Le programme s'est poursuivi en 2004. Toutefois, d'ici à ce que
tous les fournisseurs de services de R-S aient eu l'occasion de se familiariser
avec le nouvel appareil et ses configurations, certains risques demeurent.
Les autorités veillent à faire en sorte que la grande communauté
de la R-S qui uvrera avec l'hélicoptère Cormorant
comprenne les diverses caractéristiques du nouvel appareil, ainsi
que les mesures de sécurité qui s'imposent.
R-S dans le Nord
Le nord du pays est vaste, peu peuplé et se caractérise
par des conditions ambiantes extrêmes. Une activité accrue
dans la région, soit l'augmentation du tourisme et de l'extraction
de ressources en particulier, a été la source de défis
à relever en répondant à des appels de détresse.
Augmentation des activités aériennes
La tendance à la hausse dans les activités aériennes
dans les régions éloignées du nord du Canada, incluant
les activités locales (soit principalement à l'extraction
des ressources et au tourisme), et les activités internationales
(soit en particulier l'utilisation plus étendue des routes polaires
qui desservent l'Asie) s'est poursuivie.
Le plan de catastrophe aérienne (CATAIR) de la 1re Division aérienne
du Canada met l'accent sur la prestation de l'aide à un site d'écrasement
aérien en région reculée. Il regroupe toutes les
ressources militaires nécessaires et disponibles et il mise sur
les liens avec d'autres ministères fédéraux, la province
ou le territoire concerné et la société aérienne
touchée. En 2004, le plan CATAIR a inclus l'achèvement du
projet de caches dans l'Arctique. Le gouvernement a fait l'acquisition
de six caches, dans lesquelles se trouvent des vêtements de survie
en hiver, des sacs de couchage et d'autres fournitures grâce au
Fonds des nouvelles initiatives (FNI) en R-S (voir la description du FNI
à la section 7). En 2004, les caches ont été livrées
à Rankin Inlet, à Resolute Bay, à Inuvik et à
Whitehorse.
Au cours de l'année 2004, des officiers de R-S des Forces canadiennes
ont participé au Séminaire
sur la sécurité aérienne au Canada (CASS) et
se sont entretenus avec les responsables de la gestion de crises dans
l'industrie aérienne au sujet du plan CATAIR et de la R-S dans
le Nord. De plus, le PNRS était représenté lors des
réunions de gestion de crises de l'Association
du transport aérien international (IATA) au cours desquelles
on a présenté un sommaire du plan CATAIR. On a également
fourni un document destiné aux planificateurs d'intervention d'urgence
des compagnies aériennes membres de l'IATA. De même, on a
incité le Groupe de travail sur la planification d'interventions
d'urgence de l'IATA à assister aux exercices de R-S en région
polaire.
Communications dans l'Arctique
De façon inhérente, les communications dans l'Arctique
sont problématiques.
Ceux qui se fient au matériel radio traditionnel peuvent découvrir
des lacunes dans la couverture. Résultat, le signalement des incidents
et des lieux où ils se produisent peut être retardé.
Les difficultés de communications entre les intervenants en R-S,
les installations terrestres et les victimes en détresse peuvent
miner l'efficacité et la coordination des interventions.
Toutefois, une couverture accrue pour les systèmes de communication
par satellite dans les zones les plus nordiques de l'Arctique a commencé
à améliorer les choses. Par exemple, une nouvelle société
établie dans le Nord, la Inuit Nunaani Wireless Inc. (INW), a produit
un système de repérage, de surveillance et de communication
bilatérale qui se sert des systèmes GPS et d'une technologie
de communications satellite (GPS/SATCOM) et qu'on peut installer sur une
motoneige et sur d'autres petits véhicules qui conviennent à
la région.
R-S en mer
En 2004, les incidents de R-S maritimes ont représenté
76 p. 100 des incidents qui ont nécessité une intervention
des organismes de R-S fédéraux. L'ouverture des stations
de la Garde côtière canadienne de Bella Bella et de Sandspit,
dans la région du Pacifique, de Havre-Saint-Pierre et de Rivière-au-Renard,
dans la région de Québec vient compléter la mise
en place de huit nouvelles stations de R-S annoncées par le gouvernement
canadien en l'an 2000. L'inauguration de ces quatre nouvelles stations
contribuera à améliorer de façon importante la capacité
d'intervention dans ces secteurs.
Activités des gros navires à passagers
Un nombre substantiel d'armateurs de croisières font affaire dans
les eaux canadiennes. Leurs navires sont gros, bien conçus et donc
sécuritaires. Cependant, aucun bateau n'est invincible et la possibilité
qu'un accident puisse survenir à bord d'un bateau qui transporterait
deux mille passagers par exemple constitue un risque sérieux pour
le système canadien de R-S. Cela est particulièrement le
cas si un tel accident survient dans un endroit éloigné.
Les façons de s'occuper d'un nombre important de personnes en détresse
en mer sont les mêmes, qu'il s'agisse de passagers d'un bateau de
croisière ou d'un traversier; un plan générique peut
couvrir les deux possibilités.
Le développement de plans de catastrophe en mer (CATMER) s'est
poursuivi en 2004 au cours d'un atelier commandité par le SNRS
et qui a eu lieu au mois de février. Le but était de produire
un cadre devant servir de modèle à chaque région
de R-S lors de l'élaboration de plans CATMER. Les représentants
de chaque centre de sauvetage canadien que la R-S maritime intéresse
ainsi que ceux de la Garde côtière et des Forces canadiennes
ont participé à cette rencontre. Les participants à
l'atelier ont approuvé le cadre qui a par la suite été
mis en uvre. L'examen des plans régionaux a également
débuté.
Activités des navires à passagers et des bateaux de
tourisme de taille moyenne
On compte un nombre croissant d'organisateurs de tours de bateau spécialisés
dans le tourisme aquatique et l'observation des baleines. Ce segment de
l'industrie se sert normalement de bateaux de taille réduite, où
il y a bien davantage de passagers que de membres d'équipage. Ce
genre de tourisme consiste en de courtes randonnées de deux à
quatre heures.
La courte durée de ces sorties en mer signifie que les passagers
ont moins de possibilités que d'autres de bien connaître
le matériel du bateau et la procédure à observer
en cas d'urgence. Ces facteurs entraînent des risques accrus de
perte de vie en cas d'accident. À titre d'exemple, le ratio passager-équipage
d'un navire de croisière océanique est d'environ deux pour
un. Sur un bateau de croisière d'une journée, ce ratio peut
s'élever à cinquante pour un.
Activités de plaisance et de kayak
En 2004, les embarcations de plaisance ont représenté 70
p. 100 des cas de R-S maritime. L'utilisation accrue de petites embarcations
par les Canadiens est une source principale d'inquiétude pour les
autorités en matière de R-S. Les résultats d'une
enquête du coroner sur le décès de quatre guides dans
la baie Georgienne mettent en relief la nécessité de mieux
préparer les plaisanciers à faire face aux imprévus.
Activités de prévention en matière de R-S
Le Groupe de travail sur la prévention en R-S qui se compose de
représentants des échelons fédéral, provincial
et territorial ainsi que de groupes importants de bénévoles,
a tenu une rencontre au cours du Congrès SARSCÈNE
2004 qui a eu lieu à Calgary en Alberta. Au cours de la réunion,
le SNRS a mis en place un extranet destiné aux membres du groupe
de travail et à d'autres personnes que la prévention en
R-S intéresse. L'objectif est de permettre la discussion et la
préparation d'activité de prévention. Le site extranet
a reçu un grand nombre de visiteurs depuis sa création,
mais n'a pas encore atteint son plein potentiel.
Bateaux de pêche au grand large
Les données indiquent que plus de la moitié des accidents
maritimes rapportés au Bureau
de la sécurité des transports du Canada (BST) impliquent
des bateaux de pêche. Dans la région atlantique, ces bateaux
pêchent désormais davantage au grand large, devant la pénurie
des stocks traditionnels de poissons dont la pêche est permise ou
disponible près de la côte. Les bateaux conçus pour
la pêche près des côtes courent plus de risques s'ils
s'éloignent de ces côtes.
Le temps accru alors nécessaire aux équipages de R-S, multiplié
par les trajets allongés vers les ports pour les bateaux cherchant
à éviter le mauvais temps en mer, représente aussi
des risques accrus de perte de vie. Les distances accrues que doivent
franchir les équipes de R-S diminuent leur disponibilité
pour le système de R-S, et augmentent le risque dans l'éventualité
d'incidents concurrents.
Les autorités réglementaires et d'intervention de R-S continuent
de cerner les questions de sécurité des bateaux de pêche
afin de régler cette question.
|