
PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE RAPPORT ANNUEL 2005
Densité des activités
Activités dans les régions de recherche et de sauvetage canadiennes (RRS)
En 2005, les Centres conjoints de coordination de recherche et de sauvetage (CCCOS) ont fait 8 015 interventions. Même si la gravité des cas variait, le système de R-S a, d’une façon ou d’une autre, porté secours à environ 28 000 personnes. Les interventions allaient de l’aide apportée à un navire désemparé au saut en parachute dans des situations dangereuses afin de hisser les survivants et les sauver de circonstances qui mettaient leur vie en danger.
 Figure 2 : Incidents fédéraux de R-S en 2005 Remarques : les chiffres représentent des cas établis par les CCCOS. Ils n’incluent pas les cas de Parcs Canada ni ceux des provinces et territoires qui n’ont pas fait appel à des ressources fédérales (environ 1 800/an).
CCCOS de Victoria
Le mandat du CCCOS de Victoria comporte les situations de R-S maritime dans les eaux de marée et de R-S aérienne dans toute la RRS. De façon générale, les gouvernements provinciaux sont responsables de la R-S au sol et sur les eaux intérieures (lacs, rivières). Ils s’efforcent de retrouver des personnes disparues et d’aider des randonneurs pédestres blessés, par exemple. À l’occasion, le CCCOS de Victoria participe à l’évacuation de victimes ou aux recherches aériennes qui, à des fins statistiques, entrent dans la catégorie des urgences humanitaires.
En 2005, le CCCOS de Victoria a fait plus de 2 900 interventions de R-S comportant le plus grand nombre de cas de catégorie 1 et 21 que les deux autres CCCOS. Ce niveau hors de proportion d’activités de R-S graves peut être attribué à un nombre plus élevé d’activités récréatives, aux changements climatiques et au relief accidenté de la côte Ouest. Alors que les deux autres régions disposent de centres auxiliaires de sauvetage maritime à Québec et à St. John’s, le CCCOS de Victoria est seul responsable de la région qu’il dessert. Cette centralisation est idéale pour lui, car la zone océanique est plus petite et la configuration du trafic maritime diffère de celle de la côte est.
CCCOS de Halifax
La RRS de Halifax est sur le plan géographique la deuxième plus grande des trois régions, mais elle effectue le moins d’interventions.
En 2005, le CCCOS de Halifax est intervenu dans 1 962 cas de R-S. La pêche demeure la principale source de situations de R-S dans la RRS de Halifax puisque c’est sur cette industrie que repose une grande partie de l’économie de la région. La majeure partie des activités de R-S maritime de la RRS se concentre dans la région de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard. C’est au Québec que l’on a répertorié le plus grand nombre de situations de R-S aérienne, tandis qu’à Terre-Neuve-et-Labrador, le nombre de cas d’urgence humanitaire était élevé. Il s’agissait pour la plupart d’évacuations sanitaires ou d’aide fournie à la GRC dans le cadre de recherche de chasseurs égarés.
CCCOS de Trenton
L’année 2005 a été plus chargée qu’à l’accoutumée pour le CCCOS de Trenton qui a effectué 3 070 interventions en tout, dont 2 286 cas de R-S maritime, 400 de R-S aérienne, 205 cas d’urgences humanitaires et 179 interventions non identifiées. Les situations de R-S maritime étaient plus nombreuses qu’en 2004 et celles de R-S aérienne légèrement plus importantes.
Voici les différentes causes des situations de R-S maritimes en 2005 :
- une erreur humaine, dans 50 % des cas;
- un problème d’ordre mécanique dans 35 % des cas;
- une origine inconnue dans 11 % des cas et
- les conditions météorologiques dans 4 % des cas.
Voilà qui milite en faveur de la nécessité de poursuivre la sensibilisation des plaisanciers afin d’éviter les pannes mécaniques d’origine humaine.
R-S maritime, aérienne et au sol
R-S maritime
La R-S maritime se rapporte aux activités qui se déroulent dans la région océanique qui relève du Canada en vertu des accords de l’Organisation maritime internationale ainsi que sur les eaux canadiennes dans la Voie maritime du Saint-Laurent et dans les Grands Lacs. Le gouvernement fédéral gère les interventions de R-S maritime par le biais de trois Centres conjoints de coordination de sauvetage (CCCOS) et de deux Centres auxiliaires de sauvetage maritime (CASM). Les activités de R-S maritime sont menées par la Garde côtière canadienne, par la Garde côtière auxiliaire canadienne et par les Forces canadiennes.
La Garde côtière auxiliaire qui reçoit des subventions du fédéral joue un rôle de premier plan en effectuant les premières interventions dans de nombreux secteurs où les ressources primaires sont éloignées. En 2005, la Garde côtière auxiliaire a répondu à 1 531 appels de détresse et a fourni 17 910 heures de bénévoles. Ces derniers sont indispensables à une résolution rapide des cas de R-S maritime.
Bien que le nombre d’urgences humanitaires soit demeuré relativement stationnaire, celui des situations de R-S aérienne et maritime a légèrement augmenté en 2005. Le nombre de plaisanciers, notamment celui de divers adeptes de véhicules marins qu’il s’agisse de passionnés du motoski nautique, de kayakistes ou de véliplanchistes augmente et l’écotourisme attire un nombre important de touristes qui viennent admirer les zones canadiennes de nature sauvage maritime qui demeurent relativement vierges.
En 2005, les CCCOS ont effectué 5 947 interventions de R-S maritime ce qui représente 74 % de toutes les situations de R-S qui relevaient du fédéral.
 Figure 3 : Cas de R-S maritime, de 2001 à 2005
R-S aérienne
La R-S aérienne comprend tous les types de recherche terrestre et maritime d’aéronef. Ce sont les trois CCCOS qui coordonnent ce type d’intervention qui est effectuée à l’aide des avions des Forces canadiennes, de l’Association civile de recherche et de sauvetage (ACRSA) et par les bateaux de la Garde côtière canadienne et de la Garde côtière auxiliaire canadienne lorsqu’une partie de l’itinéraire de l’avion manquant est maritime.
Les conditions géographiques et démographiques qui prévalent au Canada font que le transport par aérien est l’un des principaux modes de déplacement, ce qui touche le secteur des lignes aériennes commerciales, mais aussi celui des entrepreneurs de petites compagnies d’aviation légère (comme les hydravions nolisés) et les petits aéronefs privés.
Les cas aériens constituent une faible portion des activités de R-S. Ils viennent davantage du secteur de l’aviation générale et mettent en cause de petits appareils privés, que du secteur de l’aviation commerciale. À peu d’exceptions près, les cas les plus graves de perte de vie se limitent généralement à de petits appareils transportant quatre personnes ou moins.
En 2005, dans le secteur des aéronefs légers, on compte 30 244 appareils enregistrés. Ce secteur regroupe une gamme très étendue d’activités aériennes, comme les excursions de chasse et de pêche en région reculée, la coupe forestière commerciale par hélicoptère, l’accès aux collectivités éloignées, les vols privés de tourisme et de nombreux autres genres de vols. En 2005, le système de R-S a permis de réagir à 858 situations aériennes. Un chiffre qui représente une hausse par rapport à la moyenne des cinq dernières années qui était de 708 interventions. 1 091 aéronefs ont été utilisés pour des missions dans le cadre Programme national de R-S. En 2005, 51 personnes ont perdu la vie lors d’accidents aériens qui se sont produits au Canada.
L’Association civile de recherche et de sauvetage (ACRSA), connue sous le nom de SERABEC (Sauvetage et Recherche Aériens du Québec) au Québec, est un organisme qui reçoit des subventions fédérales et qui est composé d’aviateurs privés et de bénévoles qui sont appelés à effectuer des recherches de bord, des radioralliements aériens et terrestres d’émetteurs de localisation d’urgence (ELT) et à fournir des chefs largueurs à des avions de type Hercule, Griffon et Cormorant. L’ACRSA, Transports Canada et d’autres organismes poursuivent leurs efforts de sensibilisation et de formation afin d’enjoindre les pilotes de petits aéronefs d’enregistrer des plans de vol précis et d’emportent en vol des émetteurs de localisation d’urgence (ELT) robustes et efficaces. Lorsque les aéronefs de recherche peuvent orienter leur goniomètre directement sur le signal émis par un ELT, cela leur permet de localiser facilement le site d’écrasement d’un appareil et de fournir rapidement l’aide nécessaire. De façon réciproque, si l’émetteur de localisation d’urgence d’un appareil porté manquant ne s’active pas, il peut s’avérer nécessaire d’étendre les recherches et les ressources afférentes.
 Figure 4 : Cas de R-S aérienne, de 2001 à 2005
R-S au sol et dans les eaux intérieures
Les autorités provinciales et territoriales sont responsables de la R-S au sol ainsi que des interventions dans les eaux intérieures, à l’extérieur des parcs nationaux. Dans la plupart des cas, les programmes de R-S au sol et dans les eaux intérieures sont gérés par les Organisations des mesures d’urgence (OMU) provinciales et territoriales. Quant aux interventions de R-S, elles sont effectuées par la police, par le personnel des services d’urgence et par un vaste réseau de bénévoles qualifiés.
Les experts et les bénévoles de Parcs Canada coordonnent et dirigent les interventions de R-S dans les parcs nationaux canadiens, qu’il s’agisse de sauvetages sur champ de glace ou de recherches dans les aires de nature sauvages, par exemple. Le gouvernement fédéral est directement responsable des activités de recherche et de sauvetage au sol et dans les eaux intérieures des parcs nationaux du Canada, dans ses bases militaires et lieux de formation. En 2005, les spécialistes de la sécurité publique de Parcs Canada sont intervenus lors de 157 incidents de R-S dans les parcs et sur les lieux historiques nationaux. Il était question de 32 interventions aériennes, de 64 situations au sol et de 61 accidents maritimes, allant de cas de randonneurs blessés à ceux de personnes en canoë immobilisées par le mauvais temps et de skieurs coincés par des avalanches. Ces spécialistes font aussi la promotion active de la sécurité publique et sensibilisent leur clientèle quant aux risques que comportent les activités en terrain sauvage reculé.
En outre, les ressources provinciales et territoriales de R-S complètent de façon importante les actifs fédéraux, puisque dans de nombreux cas, la R-S aérienne et maritime nécessite l’appui de ressources terrestres. Par exemple, un CCCOS peut demander aux forces policières locales de vérifier les pistes d’atterrissage éloignées à la recherche d’avions, ou demander l’aide d’une équipe bénévole de RSS pour procéder à une recherche le long du littoral ou dans des marinas dans le cas d’un bateau en retard sur le chemin du retour. Cette coopération augmente grandement l’efficacité générale du programme fédéral de R-S, parce qu’elle permet souvent de résoudre rapidement des questions à l’échelon local, avant d’entreprendre des recherches coûteuses. En procédant de cette manière, non seulement on diminue le coût des recherches, mais l’on fait en sorte que les ressources fédérales demeurent plus disponibles en cas de situations plus sérieuses.
Les Rangers canadiens – un groupe de réservistes compétents vivant dans le nord du Canada – fournissent aussi une aide dans le cadre des interventions de RSS dans certaines des régions du Nord les plus isolées du pays. Les activités dans le nord du pays ont suscité de plus en plus d’intérêt en 2005. Les Rangers ont donc amélioré leur compétence en matière de R-S au sol afin de prêter main-forte aux autorités fédérales, provinciales et territoriales.
Le gouvernement fédéral offre aussi de l’aide à ses partenaires provinciaux et territoriaux responsables des activités de R-S au sol et dans les eaux intérieures. En 2005, les CCCOS ont reçu en tout 748 demandes d’aide humanitaire. Même si la plupart de ces demandes concernaient des évacuations médicales et de l’aide en matière de transport, certaines faisaient partie intégrante de missions de premier plan, souvent à l’aide d’hélicoptères pour des opérations d’élingue à partir de parois rocheuses, de glaciers, de montagnes et d’autres endroits tout aussi dangereux.
 Figure 5 : participation fédérale aux interventions de R-S humanitaire en 2001-2005
1 Les situations de R-S sont également classées en fonction de la nature du niveau d’urgence. Les CCCOS se servent de quatre catégories (cat). Cat 1 : situations qui présentent un danger imminent pour la vie, Cat 2 : situations qui présentent des risques de perte de vie, Cat 3 : situations qui nécessitent des secours, mais qui ne sont pas cause de détresse et Cat 4 : fausses alarmes et canulars.
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