
PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE RAPPORT ANNUEL 2005
La communauté de R-S
Les responsables de la R-S
Au Canada, le gouvernement fédéral et les autorités provinciales et territoriales partagent des responsabilités constitutionnelles liées à la R-S au sein de leur propre champ de compétence. Ensemble, ils forment le Programme national de recherche et de sauvetage. En plus, des ententes de collaboration avec les municipalités et les nombreuses organisations non gouvernementales de R-S établissent une autre gamme d'activités pour ces organisations aussi bien en matière de prévention que d'intervention en R-S.
Les activités communes du gouvernement fédéral en matière de R-S constituent le Programme fédéral de recherche et de sauvetage (PFRS) qui repose sur des relations étroites entre les six ministères fédéraux et organismes partenaires suivants :
Le Secrétariat national de recherche et de sauvetage (SNRS) est responsable des politiques relatives au Programme national de recherche et de sauvetage, de la planification, de la coordination et de la publication des rapports afférents.
Le Canada est le deuxième plus grand pays au monde et dispose de la plus vaste étendue d'eaux côtières. Le pays est divisé en trois Régions de recherche et de sauvetage (RRS) distinctes, tel qu'illustré par la figure 1, ce qui permet de fournir des services de R-S efficaces à un territoire aussi étendu. On compte trois Centres conjoints de coordination des opérations de sauvetage (CCCOS) dont le but est de coordonner les interventions de R-S maritimes et aériennes ainsi que deux Centres auxiliaires de sauvetage maritime (CASM) qui s'occupent des situations de R-S maritimes. Le CCCOS de Victoria couvre une partie de l'océan Pacifique ainsi que la Colombie-Britannique et le Territoire du Yukon. Celui de Halifax s'occupe d'une partie du Québec, l'océan Atlantique et englobe les provinces Maritimes ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador. Le CCCOS de Trenton couvre la plus grande région. Elle s'étend d'un côté des montagnes Rocheuses à la Ville de Québec et de l'autre de la frontière américaine au pôle Nord. Le Centre de Trenton est donc responsable d'un secteur de plus de 7,4 millions de kilomètres carrés.
 Figure 1 : Domaine canadien de responsabilité en R-S
R-S : Évolution des défis et des pressions
Les changements rapides, qu'ils soient sociaux, politiques, économiques ou technologiques, au plan national et international sont l'apanage de l'univers complexe et en constante évolution dans lequel le Programme national de recherche et de sauvetage existe. À ces défis s'ajoute le fait que la population exige davantage d'efficacité, de transparence et d'imputabilité en ce qui a trait à toutes les facettes des activités gouvernementales.
Les organismes qui participent au Programme national de recherche et de sauvetage doivent porter une attention soutenue aux tendances et aux enjeux suivants.
Changements climatiques, fréquence et intensité des catastrophes naturelles
Les nations doivent composer avec des sinistres plus fréquents et plus graves. Les inondations en Alberta et au Manitoba en 2005, les répercussions du tsunami dans l'océan Indien en décembre 2004, les ouragans Katrina, Rita et Wilma ainsi que le tremblement de terre qui a secoué le Pakistan ont eu un effet dévastateur. Ces évènements ont entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, coûté des centaines de milliards de dollars et grevé les ressources mondiales de R-S.
Le Canada continue à ressentir les effets des changements climatiques. On s'attend à ce que toutes les régions du pays soient plus souvent le théâtre de situations causées par des conditions météorologiques exceptionnelles, par le tonnerre, la grêle et la pluie verglaçante, par exemple. Il se peut que de telles conditions donnent lieu à des interventions de R-S plus fréquentes et plus intenses dans tout le pays.
Transformations au sein des Forces canadiennes
En 2005, le chef d'état major de la Défense a annoncé son intention d'effectuer des changements au sein des Forces canadiennes afin de faire face aux nouveaux défis et aux menaces à la sécurité de l'État. Il s'agit de la plus importante transformation de l'armée canadienne depuis 15 ans. Des modifications apportées à la structure de contrôle et de commandement centralisée des opérations ont permis de créer une voie hiérarchique plus unifiée, plus intégrée, plus simple et en mesure de s'adapter aux réalités régionales canadiennes. Cette nouvelle structure se charge des interventions nationales et internationales et renforcera les liens qui unissent les Forces canadiennes et leurs partenaires en R-S.
Vieillissement de la population
Ce qui caractérise notre paysage démographique, c'est le vieillissement. L'augmentation de l'espérance de vie, la chute du taux de natalité et les progrès médicaux font en sorte que la population canadienne vieillit. Si l'on en croit les projections de Statistique Canada, d'ici 2021, il y aura près de sept millions d'aînés, ce qui représentera près de 20 % de la population.
Selon des prévisions récentes, environ 420 600 Canadiens de plus de 65 ans souffrent de la maladie d'Alzheimer et d'autres types de démences. Il est donc fort probable que le nombre de demandes de recherches augmente. Par conséquent, il est de première importance d'avoir un plus grand nombre d'équipes de recherche et de sauvetage ayant reçu une formation et un équipement spéciaux.
L'évolution des radiobalises de détresse
Le remplacement des radiobalises 121,5 MHz par des balises 406 MHz traitées par le système COSPAS-SARSAT constitue l'innovation la plus ambitieuse des dernières années. Les radiobalises 406 MHz, capables d'auto-identification, sont plus précises, ce qui accélère les interventions en matière de sauvetage et permet de sauver davantage de vies. Par ailleurs, plus besoin d'autant de ressources pour déceler les fausses alarmes : la fonction qui autorise l'identification d'une balise 406 MHz permet au système de R-S de communiquer immédiatement et directement avec son propriétaire.
La date limite pour le passage des balises 121,5 MHz aux balises 406 MHz est le 1er février 2009, date à laquelle le système COSPAS-SARSAT cessera le traitement par satellite des anciennes balises. Actuellement, environ 29 000 aéronefs légers et hélicoptères enregistrés au Canada se servent de l'ancienne radiobalise de détresse (ELT).
Communications par satellite
Les progrès technologiques en matière de communication par satellite et d'outils de localisation ont accru la capacité des personnes en difficulté de lancer des appels à l'aide. À mesure que les radiobalises et les systèmes mondiaux de localisation (GPS) deviennent plus abordables, le nombre de demandes d'intervention en R-S augmente. Parallèlement, les intervenants en R-S sont en mesure de localiser une personne en détresse avec plus de rapidité et d'exactitude. Toutefois, il est aventureux de se fier à la technologie au détriment de l'acquisition de connaissances en matière de survie étant donné que sur le plan technologique, des défaillances mécaniques ainsi que des erreurs humaines sont susceptibles de se produire.
Interopérabilité
L'interopérabilité, soit, la capacité de coordonner l'équipement, la formation et les différentes procédures pour les intervenants en R-S, continue de poser problème. Vu la diversité des pouvoirs provinciaux et territoriaux ainsi que des organismes qui, avec le fédéral, composent le filet de sécurité national qu'offre la R-S, il faut une meilleure coordination et une plus grande uniformité de l'équipement pour permettre la prestation de services de R-S sans faille. Les interventions réelles ainsi que les exercices indiquent notamment qu'un système de communication radio fiable et très accessible constitue une exigence fondamentale. Des exercices réalistes de simulation de situations possibles de R-S sont l'un des moyens les plus efficaces de s'assurer que le système fonctionne si besoin est. Bien que les exercices multi-instances (EMI) permettent d'acquérir l'expérience nécessaire à une meilleure coordination, ils sont dispendieux et nécessitent une planification importante.
Les bénévoles de R-S
Le système de R-S canadien repose sur les bénévoles. Il s'agit là d'une ressource compétente et organisée à laquelle on fait souvent appel lors des interventions de R-S. De plus, ces bénévoles participent aux efforts de sensibilisation de la population quant aux risques en matière de R-S. En décembre 2005, le Comité interministériel de recherche et de sauvetage (CIRS) a accepté d'examiner et de dégager les difficultés qui menacent la prospérité des bénévoles, afin d'assurer leur viabilité. Cette analyse permettra de trouver des solutions afin de soutenir les bénévoles canadiens de R-S et de les mettre en œuvre.
La prévention
Les interventions de R-S coûtent très cher. Il est donc nécessaire d'élaborer des programmes de prévention étoffés qui permettront de réduire ces coûts et d'atténuer les risques de situations de R-S ainsi que leur gravité. Toutefois, à ce jour, les efforts en ce sens sont souvent orientés vers les cibles spécifiques et ne tiennent pas compte du fait que leurs activités peuvent chevaucher celles d'autres organismes. Bien que les initiatives en matière de prévention soient chose courante, on s'est jusqu'à présent peu soucié de mettre en place des programmes de prévention mieux ciblés, d'évaluer leur efficacité et d'échanger au sujet des pratiques exemplaires.
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