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COMPTE RENDU DE LIVRE
Deep Survival: Who Lives, Who Dies and Why
True stories of miraculous endurance and sudden death
(Survie en eaux profondes : Qui survit, qui périt, et pourquoi
Récits de cas d'endurance miraculeuse et de mort subite)
Après un naufrage, Steve Callahan a dérivé pendant
76 jours en mer avant d'être sauvé. Il a pratiquement traversé
l'Atlantique sur un radeau de sauvetage pouvant accommoder six personnes.
Comment se fait-il qu'il ait survécu alors que tant d'autres périssent?
Le livre de Laurence Gonzales, intitulé Deep Survival: Who Lives,
Who Dies and Why, est rempli de récits captivants et d'explorations
au cur de la vie des rescapés et de ceux qui ont eu moins
de chance. Cet ouvrage de 278 pages jette un coup d'il intéressant
sur la condition humaine à travers les récits de survie
de navigateurs, de pilotes, d'alpinistes et d'amateurs de plein air.
Au moyen d'exemples tirés de sa propre expérience et de
celle des autres, M. Gonzales explique que les personnes même les
moins préparées, sans techniques de survie, peuvent arriver
à se tirer des situations les plus défavorables, alors que
des " surviveurs " chevronnés, munis de tout le matériel
et le savoir-faire voulus, connaissent parfois une fin tragique. Il arrive
qu'une décision apparemment sans grande importance soit le facteur
déterminant de la survie ou de la mort.
Ce livre ne se veut pas du tout un guide de survie, bien qu'il contienne
une annexe traitant de stratégies pertinentes. Il montre comment
la manière dont tel ou tel individu réagit dans une situation
dangereuse peut, en définitive, décider de sa survie ou
de sa disparition, peu importe le matériel et l'équipement
dont cette personne dispose. L'auteur analyse de nombreux cas dans lesquels
les émotions de la personne en péril peuvent être
son atout principal ou le point faible qui la mènera à sa
perte. En période de stress, ce sont les émotions, et non
pas la pensée cognitive, qui nous poussent à l'action et
à la réaction. Quiconque sait exploiter ses propres émotions
plutôt que d'y succomber accroît ses chances de survie.
Pour illustrer son propos, M. Gonzales explique que le seul fait d'avoir
un but peut faire oublier les pensées négatives et les sentiments
du genre " nous n'en sortirons jamais vivants ". Le but en question
peut se formuler comme le soin aux blessés, un endroit-cible éloigné
à atteindre, la protection de la zone de survie contre les prédateurs,
bref, tout objet apte à dissiper les idées de désespoir
et à concentrer la réflexion sur la survie.
Laurence
Gonzales montre aussi comment chacun peut élaborer son propre "
modèle mental " à partir de la mémoire à
court terme qui inspire le comportement et les réactions. Les personnes
égarées s'appuient sur leur mémoire à court
terme pour définir mentalement l'issue probable de leur mésaventure
plutôt que de s'adapter à leur environnement actuel. Selon
M. Gonzales, les bons survivants ne sont pas sans connaître la peur,
mais ils peuvent la gérer plus efficacement et s'adapter à
la situation inusitée dans laquelle ils se trouvent.
Le livre de Laurence Gonzales est palpitant du début à
la fin et le lecteur qui l'ouvre aura du mal à le refermer, curieux
de voir, par exemple, comment un homme qui s'est cassé la jambe
au sommet d'un pic de 20 000 pieds d'altitude a pu ramper pendant six
jours, sans boire ni manger, pour trouver des soins et garder la vie sauve.
Le lecteur voudra savoir aussi pourquoi une autre personne, dotée
d'une formation poussée en techniques de survie, finit par mourir
d'hypothermie. L'ouvrage regorge de récits tout aussi captivants
les uns que les autres.
D'une couverture à l'autre, ce livre est un trésor à
conserver.
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