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Les VTT au service de la R-S au sol
par Carl Weisbrot
Dans
la petite ville de Palgrave, au sud d'Orillia, le ronronnement des véhicules
tous terrains (VTT) à quatre roues motrices est un bruit familier.
Il ne s'agit pas, toutefois, de sportifs en balade dans les sous-bois,
mais de bénévoles de R-S locaux à la recherche de
personnes égarées.
Ces bénévoles font partie d'un groupe de recherche et de
sauvetage appelé Ontario ATV
Search and Rescue Federation (OATVSARF, ou Fédération
de R-S par VTT de l'Ontario), créé par John
Penny vers la fin de 2004 lorsqu'un adulte autiste s'est égaré
après s'être évadé du Centre de détention
d'Oakville où il recevait des soins médicaux.
M. Penny raconte : " J'ai reçu un coup de téléphone
d'un membre de la famille, Dean Mogridge, frère de Randy, qui avait
entendu parler de notre club de VTT, les Hills Riders, à la radio.
Dean nous a demandé si nous pouvions l'aider à chercher
son frère ".
Les recherches pour retrouver Randy Mogridge, un autiste profond à
l'âge mental estimatif équivalant celui d'un jeune enfant,
ont pris près de deux semaines et se sont soldées par la
découverte de son cadavre à 16 Mile Creek, pas très
loin de l'endroit où il avait disparu.
Suite à cette première expérience, Penny a décidé
que l'Ontario avait besoin d'un nouveau groupe de R-S au sol et il a fondé
l'OATVSARF avec des membres des associations locales d'amateurs de VTT.
Aujourd'hui, le groupe compte 45 membres dont plusieurs travailleurs paramédicaux,
un arboriste forestier agréé, un agent de la police judiciaire,
un médecin et un instructeur en soins d'urgence et en RCR de l'OMU.
M. Penny ajoute : " Une fois le groupe créé, il fallait
ensuite trouver du financement et former proprement tous les membres.
Après tout, à quoi bon fonder une équipe de R-S si
nous sommes incapables d'exécuter vraiment toutes les étapes
d'une mission de recherche? ".
Le groupe a déjà conclu un accord d'association avec la
Fédération des clubs de VTT de l'Ontario et le Conseil canadien
pour les véhicules tous terrains, et a présenté une
demande d'agrément à la Police provinciale de l'Ontatio
(P.P.O.).
Selon le sergent Don Webster, coordonnateur provincial de la R-S à
la P.P.O., " La P.P.O. a déjà un protocole d'entente
avec l'Ontario Search and Rescue Volunteer Association (OSARVA), et nous
sommes actuellement en pourparlers afin d'appuyer la candidature de l'OATVSARF
comme membre constituant de l'OSARVA ".
Tous les membres actuels du groupe sont des conducteurs chevronnés
de VTT, ayant en moyenne 10 ans d'expérience à ce titre.
" Les membres potentiels doivent présenter un rapport de
vérification policière des antécédents et
détenir une attestation à jour de compétence en soins
d'urgence et en RCR. En plus, nous offrons nous-mêmes une formation
à l'interne pour nous assurer que tous nos membres sont à
la fine pointe des connaissances et des techniques en ces matières,
" explique M. Penny. " Actuellement, 12 de nos membres sont
formés aussi au maniement du défibrillateur que nous apportons
en mission ".
Bien qu'ayant sa base à Caledon, le groupe a l'intention d'offrir
ses services dans tout l'Ontario.
Jusqu'à maintenant, l'OATVSARF a pris part à trois cas
de personnes égarées, exécutant au total 14 missions
de recherche. Le groupe prévoit être doté d'une unité
canine fonctionnelle d'ici la fin d'avril.
Carl Weisbrot, étudiant au programme coopératif, a travaillé
au SNRS au printemps 2005.
Les effets de la fatigue sur les membres des équipes
de
R-S
par Carl Weisbrot
Il arrive souvent que les situations de recherche et de sauvetage interrompent
la vie normale quotidienne, que ce soit au travail, en vacances, pendant
les heures de sommeil, etc. et les membres des équipes de R-S doivent
être prêts à intervenir à l'improviste, dans
le moment qui vient. Par ailleurs, les recherches peuvent être très
longues et demander parfois plus d'une semaine, et les chercheurs doivent
rester en pleine possession de leurs moyens et pouvoir fonctionner efficacement
pendant tout ce temps.
Il s'ensuit qu'un élément très important de tout
plan de gestion d'une opération de sauvetage réside dans
un horaire bien conçu de périodes de sommeil.
Le corps humain fonctionne selon un cycle ou rythme de périodes
d'éveil et de périodes de sommeil, et il préfère
conserver le même rythme autant que possible. De façon générale,
la personne moyenne a besoin de sept à huit heures de sommeil ininterrompu
pour reconstituer ses facultés cognitives et physiologiques.
Les membres des équipes de recherche et de sauvetage n'ont cependant
pas ce luxe et doivent travailler pendant des périodes prolongées
à peu près sans sommeil, mais le corps a ses propres limites
et arrête éventuellement de fonctionner s'il n'a pas suffisamment
de sommeil réparateur.
Selon un rapport élaboré par le docteur Carlos Comperatore,
membre du groupe s'occupant de l'endurance des équipages au Centre
de recherche-développement de la Garde côtière des
États-Unis, il faut au moins deux heures de sommeil " de haute
qualité " pour pouvoir rester vraiment alerte. Ce sommeil
de haute qualité doit se prendre dans le noir et dans le calme,
et sans interruption. Toute autre forme de sommeil ne fait qu'empirer
l'état des capacités mentales et physiques du sujet.
Dans le cadre d'un projet récent exécuté en partenariat
avec la B.C. Research Inc., la Garde côtière canadienne (GCC)
a cherché à déterminer les effets du mouvement des
navires, combiné au manque de sommeil, sur le rendement des membres
d'équipage.
" La question est de savoir, lorsqu'un navire de R-S patrouille
en haute mer pendant de longues heures, ou même de longs jours,
quels effets les mouvements dynamiques du navire et la fatigue peuvent
avoir sur les membres des équipages de recherche ", explique
Laurel Ritmiller, de la B.C. Research Inc.
L'étude
s'est effectuée au Marine Institute de l'université Memorial
à St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador). Les exécutants se
sont servis d'un simulateur de passerelle haute fidélité
à mouvement complet, qui se trouve au Centre
for Marine Simulation de l'Institut.
En conjuguant essais en mer et essais avec simulateur, les officiers
et les équipages de la GCC restaient sans sommeil pendant 24 heures,
puis montaient la garde, de manière à simuler la fatigue.
Les participants portaient un casque d'écoute doté d'un
capteur à proximité de l'il pour mesurer la fréquence
de clignotement des yeux, laquelle change avec la fatigue. Les mouvements
du corps et le sommeil ont également été mesurés
à l'aide d'un contrôleur d'activité au poignet, et
des tests informatiques ont permis de mesurer les temps de réaction,
la perception spatiale, le raisonnement logique, la capacité de
calcul mental, la mémoire et la reconnaissance de formes. En outre,
les participants ont rempli des questionnaires portant sur les symptômes
de mal de mer et l'évaluation de la charge de travail.
L'un des aspects les plus importants des tests était celui du
repérage et de la détection des cibles. On a demandé
aux sujets, afin de déterminer si leur reconnaissance visuelle
était affaiblie, de regarder par une " fenêtre "
et d'indiquer le moment où ils détectaient les cibles.
Les premiers résultats montrent que les sujets étaient
le moins alertes et le moins attentifs lorsque soumis à la fois
à la fatigue et à un mouvement léger du navire. Sous
l'effet de forts mouvements dynamiques du navire, les sujets se sont révélés
plus alertes, probablement parce qu'ils étaient ballottés
de tous bords et devaient tout faire pour rester debout.
Une fois terminée, l'étude a permis de déterminer
que la fatigue a une influence beaucoup plus grande que celle du mouvement
du navire sur le rendement des équipes de recherche.
L'étude a mené la GCC à ajouter à son Manuel
national de R-S une mention rappelant au personnel les effets de la fatigue
et du mouvement des navires, et elle a permis aussi de constater que la
fatigue nuit plus à l'acuité visuelle que l'on ne le croyait
jusque-là. En ce moment, la GCC étudie la possibilité
d'inclure à ses programmes de formation en R-S la sensibilisation
aux effets de la fatigue sur la reconnaissance visuelle.
Pour plus amples renseignements : http://www.tc.gc.ca/cdt/sommaire/13400/13429e.htm.
Carl Weisbrot, étudiant au programme coopératif, a travaillé
au SNRS au printemps 2005.
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