Secrétariat national recherche et sauvetage / National Search and Rescue Secretariat Gouvernement du Canada

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Vol. 14 no. 4
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Avril 2005

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Les VTT au service de la R-S au sol

par Carl Weisbrot

Dans la petite ville de Palgrave, au sud d'Orillia, le ronronnement des véhicules tous terrains (VTT) à quatre roues motrices est un bruit familier. Il ne s'agit pas, toutefois, de sportifs en balade dans les sous-bois, mais de bénévoles de R-S locaux à la recherche de personnes égarées.

Ces bénévoles font partie d'un groupe de recherche et de sauvetage appelé Ontario ATV Search and Rescue Federation (OATVSARF, ou Fédération de R-S par VTT de l'Ontario), créé par John Penny vers la fin de 2004 lorsqu'un adulte autiste s'est égaré après s'être évadé du Centre de détention d'Oakville où il recevait des soins médicaux.

M. Penny raconte : " J'ai reçu un coup de téléphone d'un membre de la famille, Dean Mogridge, frère de Randy, qui avait entendu parler de notre club de VTT, les Hills Riders, à la radio. Dean nous a demandé si nous pouvions l'aider à chercher son frère ".

Les recherches pour retrouver Randy Mogridge, un autiste profond à l'âge mental estimatif équivalant celui d'un jeune enfant, ont pris près de deux semaines et se sont soldées par la découverte de son cadavre à 16 Mile Creek, pas très loin de l'endroit où il avait disparu.

Suite à cette première expérience, Penny a décidé que l'Ontario avait besoin d'un nouveau groupe de R-S au sol et il a fondé l'OATVSARF avec des membres des associations locales d'amateurs de VTT. Aujourd'hui, le groupe compte 45 membres dont plusieurs travailleurs paramédicaux, un arboriste forestier agréé, un agent de la police judiciaire, un médecin et un instructeur en soins d'urgence et en RCR de l'OMU.

M. Penny ajoute : " Une fois le groupe créé, il fallait ensuite trouver du financement et former proprement tous les membres. Après tout, à quoi bon fonder une équipe de R-S si nous sommes incapables d'exécuter vraiment toutes les étapes d'une mission de recherche? ".

Le groupe a déjà conclu un accord d'association avec la Fédération des clubs de VTT de l'Ontario et le Conseil canadien pour les véhicules tous terrains, et a présenté une demande d'agrément à la Police provinciale de l'Ontatio (P.P.O.).

Selon le sergent Don Webster, coordonnateur provincial de la R-S à la P.P.O., " La P.P.O. a déjà un protocole d'entente avec l'Ontario Search and Rescue Volunteer Association (OSARVA), et nous sommes actuellement en pourparlers afin d'appuyer la candidature de l'OATVSARF comme membre constituant de l'OSARVA ".

Tous les membres actuels du groupe sont des conducteurs chevronnés de VTT, ayant en moyenne 10 ans d'expérience à ce titre.

" Les membres potentiels doivent présenter un rapport de vérification policière des antécédents et détenir une attestation à jour de compétence en soins d'urgence et en RCR. En plus, nous offrons nous-mêmes une formation à l'interne pour nous assurer que tous nos membres sont à la fine pointe des connaissances et des techniques en ces matières, " explique M. Penny. " Actuellement, 12 de nos membres sont formés aussi au maniement du défibrillateur que nous apportons en mission ".

Bien qu'ayant sa base à Caledon, le groupe a l'intention d'offrir ses services dans tout l'Ontario.

Jusqu'à maintenant, l'OATVSARF a pris part à trois cas de personnes égarées, exécutant au total 14 missions de recherche. Le groupe prévoit être doté d'une unité canine fonctionnelle d'ici la fin d'avril.

Carl Weisbrot, étudiant au programme coopératif, a travaillé au SNRS au printemps 2005.

Les effets de la fatigue sur les membres des équipes de
R-S

par Carl Weisbrot

Il arrive souvent que les situations de recherche et de sauvetage interrompent la vie normale quotidienne, que ce soit au travail, en vacances, pendant les heures de sommeil, etc. et les membres des équipes de R-S doivent être prêts à intervenir à l'improviste, dans le moment qui vient. Par ailleurs, les recherches peuvent être très longues et demander parfois plus d'une semaine, et les chercheurs doivent rester en pleine possession de leurs moyens et pouvoir fonctionner efficacement pendant tout ce temps.

Il s'ensuit qu'un élément très important de tout plan de gestion d'une opération de sauvetage réside dans un horaire bien conçu de périodes de sommeil.

Le corps humain fonctionne selon un cycle ou rythme de périodes d'éveil et de périodes de sommeil, et il préfère conserver le même rythme autant que possible. De façon générale, la personne moyenne a besoin de sept à huit heures de sommeil ininterrompu pour reconstituer ses facultés cognitives et physiologiques.

Les membres des équipes de recherche et de sauvetage n'ont cependant pas ce luxe et doivent travailler pendant des périodes prolongées à peu près sans sommeil, mais le corps a ses propres limites et arrête éventuellement de fonctionner s'il n'a pas suffisamment de sommeil réparateur.

Selon un rapport élaboré par le docteur Carlos Comperatore, membre du groupe s'occupant de l'endurance des équipages au Centre de recherche-développement de la Garde côtière des États-Unis, il faut au moins deux heures de sommeil " de haute qualité " pour pouvoir rester vraiment alerte. Ce sommeil de haute qualité doit se prendre dans le noir et dans le calme, et sans interruption. Toute autre forme de sommeil ne fait qu'empirer l'état des capacités mentales et physiques du sujet.

Dans le cadre d'un projet récent exécuté en partenariat avec la B.C. Research Inc., la Garde côtière canadienne (GCC) a cherché à déterminer les effets du mouvement des navires, combiné au manque de sommeil, sur le rendement des membres d'équipage.

" La question est de savoir, lorsqu'un navire de R-S patrouille en haute mer pendant de longues heures, ou même de longs jours, quels effets les mouvements dynamiques du navire et la fatigue peuvent avoir sur les membres des équipages de recherche ", explique Laurel Ritmiller, de la B.C. Research Inc.

L'étude s'est effectuée au Marine Institute de l'université Memorial à St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador). Les exécutants se sont servis d'un simulateur de passerelle haute fidélité à mouvement complet, qui se trouve au Centre for Marine Simulation de l'Institut.

En conjuguant essais en mer et essais avec simulateur, les officiers et les équipages de la GCC restaient sans sommeil pendant 24 heures, puis montaient la garde, de manière à simuler la fatigue. Les participants portaient un casque d'écoute doté d'un capteur à proximité de l'œil pour mesurer la fréquence de clignotement des yeux, laquelle change avec la fatigue. Les mouvements du corps et le sommeil ont également été mesurés à l'aide d'un contrôleur d'activité au poignet, et des tests informatiques ont permis de mesurer les temps de réaction, la perception spatiale, le raisonnement logique, la capacité de calcul mental, la mémoire et la reconnaissance de formes. En outre, les participants ont rempli des questionnaires portant sur les symptômes de mal de mer et l'évaluation de la charge de travail.

L'un des aspects les plus importants des tests était celui du repérage et de la détection des cibles. On a demandé aux sujets, afin de déterminer si leur reconnaissance visuelle était affaiblie, de regarder par une " fenêtre " et d'indiquer le moment où ils détectaient les cibles.

Les premiers résultats montrent que les sujets étaient le moins alertes et le moins attentifs lorsque soumis à la fois à la fatigue et à un mouvement léger du navire. Sous l'effet de forts mouvements dynamiques du navire, les sujets se sont révélés plus alertes, probablement parce qu'ils étaient ballottés de tous bords et devaient tout faire pour rester debout.

Une fois terminée, l'étude a permis de déterminer que la fatigue a une influence beaucoup plus grande que celle du mouvement du navire sur le rendement des équipes de recherche.

L'étude a mené la GCC à ajouter à son Manuel national de R-S une mention rappelant au personnel les effets de la fatigue et du mouvement des navires, et elle a permis aussi de constater que la fatigue nuit plus à l'acuité visuelle que l'on ne le croyait jusque-là. En ce moment, la GCC étudie la possibilité d'inclure à ses programmes de formation en R-S la sensibilisation aux effets de la fatigue sur la reconnaissance visuelle.

Pour plus amples renseignements : http://www.tc.gc.ca/cdt/sommaire/13400/13429e.htm.

Carl Weisbrot, étudiant au programme coopératif, a travaillé au SNRS au printemps 2005.

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Date de modification : 2005-05-05

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