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Vol. 16, No. 1
Hiver 2006

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Compte rendu de films


Critique du film The Guardian par des nageurs-sauveteurs

Critique effectuée par le Master Chef Aviation Survivalman Larry Farmer et par le commandant Hugh O'Doherty, tous deux retraités de la Garde côtière américaine.

Réalisé par Andrew Davis et mettant en vedette Kevin Costner et Ashton Kutcher, le récent film Le gardien devrait être un incontournable pour les personnes qui œuvrent dans le domaine de la recherche et du sauvetage ainsi que pour leurs proches.

Les acteurs, l'équipe de tournage ainsi que le scénario contribuent à rendre l'histoire que raconte Le gardien véridique dans ses moindres détails. Fort de trucages ultramodernes, d'une illustration musicale qui fait battre le cœur à tout rompre et d'une quantité impressionnante d'équipements, d'espace de hangar, d'heures passées dans la piscine de la garde côtière et des forces aériennes des états-Unis, le film plonge le spectateur dans l'univers des professionnels de R-S.

Par le passé, d'excellents films (tels que Aventure dans le Grand Nord, Les trois soldats de l'aventure, Péril au 80ième parallèle et En pleine tempête) se sont efforcés de bien reproduire des missions de sauvetage réelles. Toutefois, Le gardien a réussi là où ces autres productions ont échoué. En se basant sur la structure de l'aviation de la garde côtière des états-Unis, tout particulièrement sur les nageurs-sauveteurs héliportés, le scénariste (Ron Brinkerhoff) s'est servi des rouages des interventions de R-S, d'éléments de sauvetages maritimes réels et d'accidents pour tisser la trame de son récit fictif au sujet d'un spécialiste en matière de sauvetage en fin de carrière qui lègue son expérience et passe le flambeau à un débutant compétent (mais sans but précis au départ).

Il ne s'agit pas d'un documentaire dramatisé ni d'un film d'instruction. Le gardien est un film d'action. Le scénario comporte les indispensables intrigues secondaires à l'eau de rose, des scènes de rivalités entre services, ainsi qu'une légende inventée de toutes pièces. Pourtant, grâce à cinq scènes de sauvetage et à la séquence au milieu de la projection au cours de laquelle des recrues enthousiastes s'efforcent de devenir des nageurs-sauveteurs, cette production se démarque de celles qui l'ont précédé en donnant au spectateur bien plus qu'un aperçu des éléments suivants :

  • la valeur de la coordination d'équipe
  • l'importance de l'assurance et de l'endurance pour un nageur qui se retrouve seul en pleine mer ou dans les vagues.
  • Les défis de survoler les eaux en stationnaire la nuit, d'hélitreuiller du personnel ou de l'équipement de sauvetage à bord de navires en plein roulis, sur une mer jonchée d'obstacles puis de les en tirer et de s'occuper de nombreuses personnes qui se noient.
  • Les choix déchirants auxquels sont confrontés les membres d'équipages qui doivent notamment décider de déployer ou non l'un des leurs dans une situation périlleuse, sur un océan glacial, couvert de débris, pour retrouver des « corps » ou des « pères et des fils ».
  • Les dangers qui guettent ceux qui s'aventurent à l'intérieur d'un objet en train de couler ou submergé.
  • Les répercussions de l'hypothermie sur la victime ET sur le sauveteur.
  • La nécessité de poursuivre les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire.
  • La réalité et les conséquences du traumatisme dû au stress et du sentiment de culpabilité qu'éprouve le survivant.
  • La retraite inéluctable qui vous force à mettre fin à la vocation de votre vie.
  • C'est beaucoup d'éléments de R-S en 2 h 15 min!

Les personnages que campent Costner et Kutcher, le premier, un professionnel plus âgé et plus tranquille et le second un novice prétentieux qui sait tout, sont crédibles. Des personnes comme cela existent dans la vraie vie! Nous avons tous dû travailler avec des gens comme ça. Le film est fidèle à la réalité et précis à 90 %. C'est beaucoup pour n'importe quelle production. Toutefois, certains éléments des 10 % restants peuvent rendre fou un initié maniaque du détail : les déploiements de nuit en chute libre au-dessus d'une surface d'eau parsemée de débris, le fait de hisser des objets ou des personnes à bord d'un navire de pêche sans câble guide, d'allumer des artifices dans des espaces clos, de mettre un patient qui a la jambe cassée dans un panier plutôt que sur un brancard pour hélicoptère, enfin, le fait que le commandant de la "A" School permette à ses étudiants de suivre un entraînement indépendant.

Certains critiques de film ont critiqué vertement Le gardien parce qu'il comporte des similitudes avec Officier et Gentleman et Top Gun. Ces personnes semblent croire également que les équipes de la garde côtière des états-Unis ne pourraient jamais effectuer d'opérations de sauvetage dans de telles conditions. Ces critiques sont à la fois bornés et mal informés. Dans ce cas, ils semblent avoir oublié que certaines expériences humaines (la formation d'un nageur-sauveteur) correspondent à d'autres (la formation d'un officier et celle d'un pilote de chasse). Pourtant, ils ne démolissent pas le plus récent film d'amour en disant qu'il s'agit d'une copie conforme de Roméo et Juliette!

Nos familles ainsi que nos amis ont une idée du travail que nos collègues et nous-mêmes faisons ou avons fait. Ce film permet de combler de nombreuses lacunes de façon frappante. Ce sera sans doute l'unique projection sur grand écran à se montrer si fidèle au vrai sauvetage maritime. Davis, Brinkerhoff, les acteurs et l'équipe de tournage ont su traiter cette respectable profession avec déférence et faire preuve de zèle dans l'importance accordée aux détails. Ce faisant, ils ont également offert un cadeau à ceux d'entre nous qui participent ou ont participé aux interventions de R-S. C'est un merveilleux moyen de permettre à nos proches de comprendre encore davantage en quoi consiste le sauvetage.

Note complémentaire : au cours des 21 années d'existence du programme, aucun nageur-sauveteur héliporté de la USCG n'a péri après avoir été déployé à partir de son hélicoptère.

Nos critiques :

Larry Farmer a été Aviation Survivalman (ASM) de carrière. Il a été chef arrimeur-largueur à bord d'un C-130 ainsi que mécanicien naviguant à bord d'un hélicoptère à partir d'unités sur les côtes du Pacifique, du golfe du Mexique et de l'Atlantique. Après avoir occupé à maintes reprises le poste de spécialiste à la ASM "A" School du Coast Guard Institute, Larry a été nommé membre de l'équipe chargée de mettre sur pied le programme de nageur-sauveteur héliporté en 1985. À l'âge de 36 ans, il a reçu son diplôme du USN Rescue Swimmer School. Au cours des six années qui ont suivi, il a dirigé l'équipe responsable de la normalisation, aidant les unités à intégrer l'utilisation de nageurs-sauveteurs dans le cadre d'interventions héliportées et revenant par la suite évaluer les interventions de ces unités et poursuivre la formation. Larry travaille maintenant dans l'industrie des équipements de sauvetage et de survie.

Hugh O'Doherty a fait carrière comme aviateur de la Garde côtière américaine. En plus de piloter des C-130 ainsi que trois types d'hélicoptères, Hugh a passé trois ans en tant que pilote avec un escadron de sauvetage des Forces canadiennes à l'Île-du-Prince-édouard, dans le cadre d'un programme d'échange. Il est retourné à la garde côtière des états-Unis en 1984. Son expérience de travail avec les sauveteurs-parachutistes canadiens, notamment en matière de déploiement lui a valu d'être nommé au sein de l'équipe chargée d'instaurer le programme de nageur-sauveteur héliporté. Hugh a dirigé la Aviation Life Support Section de 1987 à 1990. À ce titre, il a supervisé la mise en place du programme de nageur dans plus de la moitié des unités héliportées de la Garde côtière des états-Unis. Hugh travaille actuellement dans le domaine de l'aviation d'affaires.


La R-S au petit écran

Un autre film sur la R-S a été présenté pour la première fois au congrès SARSCÈNE 2006. Bien que les vedettes ne soient pas très connues, le sujet en est un qui intéresse tous ceux qui ont déjà tenu le rôle de chef d'équipe (ou se sont demandé pourquoi leur chef prenait de telles décisions!). Le film Ground Search Team Leader (Chef d'équipe en RSS), de Don Blakely et Jim Elderton, a été fait pour le compte du Justice Institute of B.C. (JIBC). Il s'agit d'un outil de formation sous forme de documentaire factice qui se penche sur le sujet souvent négligé de la façon dont un chef d'équipe se prépare et organise son équipe après avoir reçu les ordres de l'administrateur de la recherche.

Le film, financé par le FNI de R-S, est disponible sans frais par téléchargement, en anglais ou avec sous-titres français, sur le site Web du JIBC : www.jibc.ca/emergency/programs/SAR/filesLibrary.htm.

Le film et la documentation connexe font partie de la bibliothèque téléchargeable du JIBC qui comprend des ressources concernant une foule de sujets.

 


 

Date de modification : 2004-02-01

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