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Revue littéraireUne histoire d’amour et de perte
Par France Bergeron Ayant été aumônier des Forces canadiennes, c’est avec un grand enthousiasme que j’ai accepté de faire la recension du livre de Kate Braestrup, Here If You Need Me. C’est de la perte de son époux, un paramilitaire du Maine, dans un accident tragique que le désir de Braestrup de devenir ministre et de travailler côte à côte avec les gardiens maritimes dans les missions de recherche et sauvetage a pris souche. Par son deuil personnel et l’apprentissage de son nouveau rôle de veuve, de mère de quatre enfants et d’aumônier militaire, ses émotions sont transparentes et honnêtes dans le récit de son périple. Here If You Need Me est un hommage à l’amour et la perte. L’amour ultime, « le pouvoir autoritaire de l’amour authentique », comme elle le décrit alors qu’elle baigne et habille le corps de la dépouille de son époux avant les funérailles. Ultime perte : la mort d’un époux, d’un parent, d’un enfant, décrite comme des histoires se suivant l’une après l’autre. Le livre de Braestrup est rempli d’humour. Elle rie d’elle-même en admettant qu’elle a à peine retrouvé son chemin du poste de commandement vers son camion sans se perdre, comment le centre d’aiguillage ne pouvait pas l’entendre parce qu’elle tenait le microphone à l’envers ou en racontant des histoires délectables sur ses réactions par rapport à ses enfants faisant face à ce qui est l’une des situations les plus difficiles dans la vie d’un enfant : la mort d’un père aimant. Elle illustre bien le rôle d’aumônier en situation de crise : être là, écouter, discuter avec les parents, réconforter le conjoint en deuil ou s’occuper des amis « mal rasés, avec le bedon et qui viennent de loin, posant des questions hésitantes sur la mort après la vie ». Son livre est rempli de situations de compassion, qui sont le lot de l’aumônier, comme l’annonce à une épouse déjà craintive de la nouvelle tragique de la noyade de son conjoint alors qu’elle « tombe en sanglots devant mon uniforme et que nous nous écroulons toutes deux sur le plancher de la cuisine ». Braestrup nous amène à la recherche d’une fille disparue à Masquiningy Pond, d’un pêcheur sur glace sur le lac Hobby, du procès d’une jeune mère suicidaire près d’Ellsworth, d’une noyade devenant un meurtre possible dans une chute dans un parc national ou d’un patient souffrant de la maladie d’Alzheimer. Il s’agit d’histoires courantes pour les bénévoles et les professionnels de recherche et sauvetage qui sont racontées avec passion et dévouement. Il s’agit d’un livre court, bien écrit et inspiré rempli d’une bonne dose de spiritualité, de bonté humaine et de dévouement à la communauté et à la famille. France Bergeron est diplômée en théologie et elle a servi à titre d’aumônière dans les Forces canadiennes pendant cinq ans. Elle a servi sur la base d’instruction de Borden et sur la base de l’OTAN à Lahr en Allemagne. Pilote brevetée, elle est actuellement la directrice de la coordination du Secrétariat national de recherche et de sauvetage à Ottawa. Des auteurs documentent plus de 50 ans de sauvetage professionnel
Par Lynn Martel Reproduit avec la permission de Rocky Mountain Outlook En juillet 1954, sept jeunes femmes mexicaines se sont réunies sur les berges du lac Louise et ont vu les fronts d’abattage escarpés du Mont Victoria. Membres de la première équipe d’alpinisme féminine du Mexique, phénomène rare dans n’importe quel pays à l’époque, ces femmes et leur guide, Eduardo San Vincente, sont venus dans les Rocheuses canadiennes avec plusieurs objectifs en tête – notamment l’ascension du Mont Victoria très englacé de 3 464 mètres. Chacune d’entre elles a mérité sa place au sein de l’équipe et M. Vincente était considéré comme un alpiniste hors pair ayant gravi le Mont McKinleyen Alaska, le mont le plus élevé en Amérique du Nord à 6 194 mètres, et le Mont Huascaran dans la Cordillère Blanca au Pérou à 6 768 mètres.
En dépit de l’épuisement dû aux conditions de neige excessive selon les guides suisses vivant et travaillant au Chateau Lake Louise, l’équipe a gravi jusqu’au refuge du Col-Abbot et y a passé la nuit pour ensuite poursuivre son chemin sans une des membres qui était indisposée. Se déplaçant en deux cordées, les six femmes et leur guide ont atteint le sommet sud, mais elles ont rapidement entamé leur descente puisqu’une des femmes de la première cordée, dirigée par leur guide, a lâché prise, précipitant les quatre personnes de la cordée vers la mort. En plus d’être le pire accident d’alpinisme à survenir dans les Rocheuses canadiennes à l’époque, la tragédie a été un catalyseur dans le domaine de l’alpinisme dans l’Ouest canadien, incitant l’établissement d’un service de sauvetage en montagne professionnel. L’histoire de l’accident tragique de l’équipe mexicaine a été racontée en détail dans le tout nouveau livre, Guardians of the Peaks : Mountain Rescue in the Canadian Rockies and Columbia Mountains, écrit par Kathy Calvert et Dale Portman et publié par Rocky Mountain Books, la division du Heritage Group situé à Calgary. De plus de 300 pages, le livre est un ouvrage complet et très attendu rapportant le dévouement, l’expertise et l’évolution constante du service de sauvetage des parcs nationaux du Canada reconnu dans le monde entier.
La recherche approfondie et le dévouement de l’auteur envers le projet rendent la lecture de ce livre captivante, avec des comptes-rendus détaillés de certains des sauvetages dans les parcs en montagne les plus spectaculaires, qui mérite l’attention des amateurs d’histoires d’aventure. Bien plus qu’une histoire d’action, Guardians of the Peaks partage des histoires de gens qui ont façonnés et bâti le service de sauvetage, en commençant avec la reconnaissance du père du sauvetage en montagne au Canada, le guide suisse Walter Perren, qui a été le garde en chef des services d’alpinisme de 1955 jusqu’à son décès en 1967, et qui a organisé le déplacement et la formation des gardiens du parc dont la plupart étaient plus confortables à dos de cheval qu’au bout d’une corde sur des escarpements rocheux. Le livre reconnaît également l’évolution compliquée des techniques et de la formation en matière de sauvetage, détaillant les premiers sauvetages par hélicoptère grâce à l’orientation et l’innovation des spécialistes en sauvetage à la retraite de Banff et Jasper, Peter Fuhrmann et Willie Pfisterer, ainsi qu’à leurs efforts pour promouvoir et assurer la viabilité et les applications pratiques du sauvetage par hélicoptère. Par des récits plaisants, les auteurs ont illustré le dévouement constant des générations subséquentes d’experts en protection civile et en sauvetage, y compris les récits de Mark Ledwidge, Lloyd « Kiwi » Gallangher, Tim Auger, Gord Irwin et George Field. À titre d’ancien garde de parc et de maître-chien de secours, Portmann offre des aperçus intimes de la profession de sauveteur qui existe depuis 50 ans alors que lui et Calvert se rappellent des histoires d’alpinistes audacieux et malchanceux et de touristes dangereusement innocents, y compris l’histoire d’un enfant qui avait fatalement glissé dans une crevasse sur le glacier Athabasca. Intercalé de photos historiques captivantes, ce livre révèle non seulement l’aspect technique, mais également le développement de l’aspect politique et culturel du service de sauvetage en montagne professionnel dans la région ainsi que les coûts humains d’une profession stressante, exigeante, épuisante et satisfaisante. Spécialisée dans les aventures en montagne et la culture, Lynn Martel est une écrivaine et rédactrice à la pige pour des journaux et des magazines de plein air qui vit à Canmore.
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