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Compte-rendu de livreForever on the Mountain: The Truth Behind One of Mountaineering’s Most Controversial and Mysterious DisastersPar Jeremy Derksen – jderksen@shaw.ca / 780.239.2333 Au cours de l’été de 1967, une grave tempête arctique a immobilisé sept vétérans grimpeurs pendant plus de dix jours à 20 000 pieds d’altitude sur le Mont McKinley, en Alaska. Séparés des douze autres membres de leur équipe, ils sont morts et ont été engloutis par la montagne après un effort de sauvetage avorté, malgré les ressources du Service des parcs nationaux, du Alaska Rescue Group, du pilote Don Sheldon et des autres membres des deux expéditions qui se trouvaient sur la montagne. La tragédie est depuis devenue l’une des plus grandes controverses dans le milieu de l’alpinisme. Pendant plus de 40 ans, la vérité a été enfouie avec les sept hommes. Les chefs de l’expédition, Joe Wilcox et Harold Snyder, qui ont survécu et dont les deux équipes se sont rassemblées pour former le groupe de douze hommes, se blâmaient l’un l’autre pour plusieurs problèmes rencontrés. En fait, les deux hommes ont publié des livres présentant des explications différentes : piètre leadership, conditions météorologiques extrêmes, mal de l’altitude, inexpérience et erreurs individuelles. Plutôt que de clarifier la situation, leurs comptes rendus contradictoires sont venus compliquer davantage les tentatives de comprendre la tragédie. Fait à noter, une catastrophe sur la même montagne en 1960, sept ans plus tôt, avait mobilisé des avions de l’armée et civils, et plus de 50 sauveteurs lors d’un sauvetage réussi. Comment, avec une telle expérience antérieure, a-t-il pu être impossible de lancer un effort de sauvetage concerté pour les victimes de la tragédie de 1967? Dans le livre Forever on the Mountain, James Tabor pose les questions difficiles dont on a fait abstraction, et qui dans certains cas n’ont jamais été posées dans les nombreux articles, l’enquête formelle et les deux livres traitant de l’incident. Après tant d’années, fouiller dans le passé pour tenter de trouver des réponses pourrait être perçu comme une activité académique; toutefois, Craig Medred, alpiniste accompli et journaliste au Anchorage Daily News, disait à Tabor : « J’aimerais bien parler de l’expédition Wilcox, puisque beaucoup de gens croient encore qu’une telle catastrophe ne pourrait se reproduire. » Dans un effort visant à mieux comprendre ce qui s’est réellement passé, Tabor reconstitue l’expédition dans les détails. Il examine en profondeur l’enquête officielle, parcourt les registres d’expédition, les transcriptions et les journaux de communication du service des parcs et s’entretient avec toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans l’événement, y compris les survivants, leurs parents et les familles des alpinistes décédés. La recherche exhaustive de M. Tabor procure la valeur cruciale nécessaire à l’exposé des faits, mais ce dernier sait aussi saisir l’importance de l’élément humain. En suivant un ordre chronologique, Tabor fait vivre à ses lecteurs toute l’expédition, de la planification à l’ascension jusqu’à l’événement tragique, créant une image réelle des douze hommes se battant contre l’une des montagnes les plus meurtrières au monde, en liste avec l’Everest et K2, et les circonstances qui ont mené au désastre. Tout au long de sa narration, Tabor décrit les qualités et failles naturelles de chaque homme, telles qu’elles se révèlent sur une montagne hostile sous la forme de petites capsules. Tabor a réussi à décrire le caractère de chacun des hommes au lecteur, avant que l’état de panique ne s’installe vis-à-vis la destinée des sept hommes prisonniers du camp le plus haut en altitude. Ainsi, le lecteur peut comprendre toute l’ampleur de la peur, de l’impatience et de la colère qu’entraîne alors la lenteur de la réponse à la situation d’urgence qui survient. Tabor évoque de cette manière le coût humain. Se faisant, il trouve plusieurs réponses au mystère qui perdure et plane depuis sur la montagne. Tel que le suggère le commentaire de Medred, l’approche objective de Tabor repose sur l’apprentissage tiré de la tragédie plutôt que sur l’évaluation des blâmes. Ces leçons ont autant à nous offrir aujourd’hui qu’en 1967. La dynamique de groupe a joué un rôle clé dans la conduite des membres de l’expédition et il est impossible d’en faire abstraction, pas plus que le rôle des conditions climatiques imprévisibles et extrêmes ou celui des stratégies de communication imparfaites. Tabor se penche aussi sur un autre facteur important; celui de la piètre gestion du Service des parcs nationaux et des coordonnateurs de sauvetage qui a entraîné une réponse inefficace à la situation d’urgence. En alpinisme, il est impossible de tout prévoir. C’est pourquoi, lorsque l’imprévu survient; temps exécrable, bris d’équipement, échec de leadership, la capacité à réagir est aussi importante que les prévisions. Cela n’enlève rien à l’importance de la planification, mais en situation d’urgence, il vient un moment où il faut s’éloigner du scénario. En affirmant cela, M. Tabor n’exonère personne de ses responsabilités. Forever on the Mountain met en lumière des facteurs clés que certains ont préféré ne pas révéler. Ce simple fait rend la lecture appréciable. Des leçons importantes destinées aux grimpeurs, aux sauveteurs et à toute personne qui s’aventure en milieu sauvage ont été éclipsées par la controverse. En mettant ces leçons à l’avant-plan, Tabor dégage la légitimité de l’expédition de 1967 et offre à ces sept hommes un enterrement plus juste. Jeremy Derksen a souffert d’hypothermie lors d’une expédition de ski dans l’arrière-pays, au parc national Yoho, en Colombie-Britannique, au début de la vingtaine. Cet événement a éveillé un intérêt pour les premiers soins et le sauvetage en milieu sauvage. Il est, depuis cinq ans, membre de l’Organisation de la patrouille canadienne de ski et possède une expérience de l’arrière-pays dans l’ouest du Canada. Éditeur du magazine hebdomadaire Vue, il a publié dans le Edmonton Journal, le Calgary Herald et le Regina Leader-Post et fait des apparitions sur CBC à titre d’expert de l’industrie du ski.
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