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Vol. 17, No. 2
octobre 2008

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Santé et sécurité au travail


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Santé et sécurité au travail


À contre coups (2e partie)
Défis de la formation relative au travail de type aventure Chiropraticiens : pour aider ceux qui aident les autres

Une équipe de sauveteurs pratiquent la descente d’un patient du deuxième étage d’un édifice de quatre étages.

Une équipe de sauveteurs pratiquent la descente d’un patient du deuxième étage d’un édifice de quatre étages.
Photo courtoisie de : Ric Henderson

Par la Dr Emily Roback, B.Sc., D.C.

L’équipement, la formation et l’expérience sont certes des éléments cruciaux pour assurer la sécurité lors de sauvetages par câble et de recherches au sol, mais la communication claire entre les membres d’une équipe est également essentielle à des opérations efficaces et sans blessures.

Plusieurs bénévoles malentendants et sourds hésitent à informer les membres de leur équipe qu’ils ont besoin d’une aide supplémentaire pour assurer une communication efficace entre eux et les autres membres. Parmi les situations les plus intimidantes auxquelles doivent faire face les professionnels de la santé et bénévoles en sauvetage amateur lors d’interactions avec d’autres membres d’une équipe de sauvetage se trouvent les suivantes : i) un membre d’une équipe doit annoncer à un sauveteur bénévole sourd que le chef d’équipe lui a demandé de ne plus travailler avec ce dernier puisqu’il ne croit pas que ce partenariat est avantageux; ou ii) un chef d’équipe dit aux personnes qui apprennent à devenir sauveteurs d’éviter de toucher à l’équipement puisqu’ils pourraient se mettre en situation périlleuse.

Souvent, les personnes malentendantes et sourdes craignent que le chef d’équipe ne tente de dissuader les bénévoles qui entendent de faire équipe avec elles. Cela risque davantage de se produire si le chef d’équipe est avisé de l’existence d’une piètre communication par le membre qui entend plutôt que par le membre malentendant. C’est pour cette raison que les nouveaux sauveteurs malentendants ou sourds doivent remettre à leur chef d’équipe une lettre d’avis de communication efficace faisant état de leur condition, des résultats de leur évaluation auditive et de recommandations visant à faire en sorte que tout se passe bien.

Il est aussi important de comprendre que plusieurs réactions sont habituellement engendrées par un manque d’information. La plupart des chefs d’équipe, même ceux qui travaillent régulièrement avec des personnes ayant des besoins particuliers, affirment ne pas savoir comment communiquer avec les personnes malentendantes ou sourdes. D’autres peuvent ne jamais avoir communiqué (paroles ou signes) ou même rencontré un sauveteur amateur malentendant ou sourd au cours de leur carrière. Pour plusieurs, la profession de la recherche et du sauvetage relève du mystère et de la mésinformation. Le fait de fournir des renseignements objectifs et précis avantagera, avec le temps, tous les membres d’une équipe de sauvetage.

Les sauveteurs malentendants et sourds qui ont dû faire face à de telles situations donnent les conseils suivants :

  • Communiquez avec votre chef d’équipe. Expliquez-lui que vous êtes malentendant et demandez-lui si vous pouvez faire équipe avec un collègue lorsque vous effectuez des recherches. Expliquez-lui à quel point le fait de travailler avec un collègue vous aidera à accomplir des tâches verbales spécifiques. Mettez de côté les généralités en ce qui concerne votre surdité et précisez vos besoins pour effectuer un travail efficace à titre de membre de l’équipe. Le fait d’établir une base permettant une communication efficace vous donnera l’occasion de démontrer votre expertise dans un contexte qui rejoint le chef d’équipe et les autres membres de l’équipe.

  • Si vous ne pouvez communiquer par téléphone avec le chef d’équipe, faites-lui parvenir un courriel pour l’inviter à une rencontre lors de laquelle vous pourrez lui faire part de vos inquiétudes. Avisez le chef d’équipe que vous le tiendrez informé de votre capacité à contribuer aux objectifs de l’équipe. N’oubliez pas; la plupart des chefs d’équipe ne sont pas conscients du résultat découlant de la façon de partager les tâches entre les membres d’une équipe de sauvetage par câble ou de recherche au sol. Plusieurs bénévoles malentendants ou sourds se sentent isolés parce qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’on attend d’eux.

  • Ne soyez pas sur la défensive et ne recherchez pas la confrontation. Considérez la conversation comme une occasion d’apprentissage.

  • Si le problème est la communication sur de longues distances sans l’utilisation d’une radio, fournissez à l’équipe un manuel contenant tous les signaux manuels pertinents en matière de sauvetage par câble et de recherche au sol. Si les membres de l’équipe veulent obtenir plus d’information, offrez-leur de les mettre en rapport avec L’Association des malentendants canadiens, qui saura encore mieux traiter les problèmes de communication pouvant survenir au moment de travailler avec des personnes malentendantes ou sourdes.

  • Lorsque vous communiquez avec un membre de l’équipe par radio, parlez lentement et clairement, en utilisant un timbre de voix normal. Le destinataire peut être malentendant ou peut tenter d’écrire ce que vous dites.

  • Ne prenez jamais pour acquis que l’autre personne a compris. Demandez toujours à l’autre personne de répéter ce que vous avez dit pour vous assurer que le message a bien été compris.

La mauvaise communication entre les membres d’une équipe pourrait être grandement réduite en rendant l’utilisation du langage oral et gestuel obligatoire. Par exemple, lors d’un sauvetage par câble, un travailleur à l’entraînement pourrait être assureur pour un grimpeur de première cordée pendant que le second travailleur à l’entraînement observe la descente de 400 pieds du grimpeur de première cordée. Le second travailleur à l’entraînement peut fournir des directives au grimpeur de première cordée oralement et par des signes pour compenser les conditions, par exemple la distance, qui rendent l’audition difficile. Le premier travailleur à l’entraînement (assureur pour le grimpeur de première cordée) peut regarder et écouter les directives du deuxième travailleur à l’entraînement qui observe la descente du grimpeur de première cordée sur le côté de la falaise.

L’apprentissage des bases du sauvetage par câble à Rattlesnake Point, une falaise située à 30 kilomètres au sud de Toronto, en Ontario, est au nombre de mes expériences de formation en sauvetage. Le défi de cette opération fut pour moi de suivre ce cours en plein air sans entendre quoi que ce soit. En tant que chiropraticienne sourde, je dois vivre avec une déficience auditive qui fluctue constamment. Pendant cinq ou six mois, je peux entendre parfaitement au moyen de mes appareils auditifs, puis mon audition peut être totalement « nulle » pour le reste de l’année, ce qui me force alors à dépendre de la lecture labiale et du langage corporel pour communiquer. Ce que j’ai préféré de cette expérience était de voir les autres membres de mon équipe de sauvetage utiliser des signaux manuels pour communiquer avec moi pendant que je leur offrais des soins chiropratiques dans le cadre de leur formation quotidienne.


La Dr Emily Roback, présidente de Chiroback Trekker, dirige des séminaires de prévention des blessures, de thérapie des sports et de chiropractie pour les équipes de bénévoles de la recherche et du sauvetage en Alberta. On peut rejoindre la Dr Roback à l’adresse roback@doctor.com et/ou au 403- 872- 1599.

 

Table des matières  Table des matières

 


 

Date de modification : 2008-10-28

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