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Vol. 17, No. 3
décembre 2008

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Gestion du stress à la suite d’un incident critique :
Un modèle axé sur les collègues en Colombie-Britannique.

Par Whitney Numan, PGSIC BCSARA

En janvier 2007, un projet de deux ans pour développer un programme de gestion du stress à la suite d’un incident critique (GSIC) axé sur les pairs pour les bénévoles de la recherche et du sauvetage (R-S) en Colombie-Britannique (C.-B.) est entré en fonction. Pendant un certain nombre d’années, quelques bénévoles de la R-S, actifs dans d’autres programmes de GSIC axés sur les pairs ou qui avaient une formation en GSIC, ont reconnu que les bénévoles de la R-S étaient tous aussi vulnérables au stress post-traumatique que d’autres intervenants d’urgence tels que les policiers, les pompiers et les ambulanciers.

En C.-B., il y a environ 2 500 bénévoles formés en R-S qui répondent à plus de 1 000 appels par année. Environ 25 pour cent de ces appels impliquent des sauvetages médicaux. En général, ces sauvetages sont aggravés par un terrain difficile et d’autres conditions qui ajoutent au stress des intervenants. Au cours de la dernière année financière qui s’est terminée le 30 mars 2008, on a trouvé 69 personnes décédées et 57 personnes manquent encore à l’appel. Ces données correspondent aux moyennes statistiques des cinq dernières années qui s’élevaient à 66 décès et à 53 personnes jamais retrouvées. Dans les deux situations, la récupération des corps ou le fait de ne pas retrouver les personnes ajoutent plus de stress sur les bénévoles. À l’heure actuelle, la province compte 88 équipes de R-S qui fournissent ce service vital pour le compte de la province, et des agences responsables qui comprennent les services de police locale pour les personnes disparues, le service d’ambulance de la C.-B. pour les sauvetages médicaux et le service de coroner de la C.-B. pour la récupération des corps.

Les bénévoles disposés à parler à d’autres bénévoles

On peut se demander pourquoi nous avons décidé d’établir un modèle axé sur les pairs. Nous avons opté pour cette approche simplement parce qu’elle fonctionne et que les bénévoles de la R-S sont disposés à participer au programme. Comme nous l’avons mentionné auparavant, les bénévoles de la R-S sont en général perçus en tant qu’intervenants d’urgence comme les autres et en termes très globaux, ces bénévoles sont en général des person nalités de « type A » : ils sont forts et désirent aider les autres en temps de crise ou dans une situation d’urgence. Il est peu probable que ces personnes décident d’elles-mêmes de chercher de l’aide professionnelle, parce qu’elles croient que ce serait perçu comme étant une faiblesse. Toutefois, ces gens sont plus disposés à s’asseoir avec leurs collègues pour discuter et c’est donc le format qui semble fonctionner le mieux. C’est un environnement sécuritaire parce qu’ils sont avec leurs collègues et d’autres personnes qui parlent comme eux, travaillent comme eux et vivent les mêmes expériences. Il s’agit d’une réalité que peu de professionnels de la santé mentale (PSM) peuvent offrir.

Selon la nature de l’incident critique et du type d’intervention choisi, les collègues de la R-S pourraient demander à un PSM de faciliter l’intervention ou d’y participer. Les collègues de la GSIC sont formés et connaissent les protocoles très précis auxquels ils doivent adhérer, tout comme dans les situations de premiers soins et de la réanimation cardio-respiratoire. Ils doivent suivre ces protocoles à la lettre et ne peuvent pas en dévier à moins d’être sous la tutelle d’un PSM pendant l’intervention. Ces interventions offrent aux bénévoles de la R-S des « premiers soins psychologiques » et leurs pairs sont formés pour reconnaître si un niveau de soins plus élevé peut s’avérer nécessaire, et s’il faut recommander ces personnes à des soins plus poussés. À la suite des interventions axées sur les collègues, l’expérience a démontré que les bénévoles reçoivent maintenant l’aide professionnelle nécessaire. Sinon, ils n’auraient peut-être pas emprunté ce chemin sans l’implication des bénévoles dans l’intervention et en suivant les conseils d’un collègue de la GSIC.

Le programme

Notre programme suit rigoureusement et adhère aux protocoles reconnus à l’échelle internationale établis par l’International Critical Incident Stress Foundation (http://www.icisf.org). À l’heure actuelle, nous avons 20 pairs actifs partout dans la province qui ont reçu la formation sur ces protocoles et qui se rencontrent deux fois par année pour de la formation et de l’expérience supplémentaires. Le programme est aussi mené par un comité directeur qui, en compagnie de la coordonnatrice du programme, prennent les décisions quotidiennes relativement au programme. Des téléconférences per mettent au comité directeur de discuter sur une base mensuelle et tous les pairs de discuter à tous les deux mois. Nous avons aussi un directeur clinique qui est un PSM et qui fournit aux pairs une personne à qui parler au sujet d’un incident ou d’une intervention qui peut les avoir affectés. Les pairs eux-mêmes peuvent aussi souffrir d’un traumatisme lorsqu’ils dirigent une intervention ou qu’ils y participent à cause de la nature explicite des événements.

Le programme provincial d’intervention d’urgence appui le programme en couvrant tous les coûts des interven tions lorsqu’il y a des demandes pour nos services. La British Columbia Search and Rescue Association fournit le financement et le soutien pour la formation des pairs, ainsi que les fonds liés aux coûts de la prestation des séances de formation et de sensi bilisation aux bénévoles de la R-S. Les collègues sont très reconnaissants de ce soutien tout comme le sont les bénévoles qui ont profité de nos services.

L’équipe de Gestion du stress à la suite d’un incident critique de BCSARA

L’équipe de Gestion du stress à la suite d’un incident critique de BCSARA
Photo courtoisie de : Whitney Numan

Principaux services

Nous fournissons trois services clés pour les bénévoles de la R-S en C.-B. : l’éducation et la sensibilisation, les interventions de gestion du stress à la suite d’un incident critique et le suivi après l’incident. En ce qui a trait à l’éducation et la sensibilisation, notre but est de fournir à tous les bénévoles de la R-S l’information clé au sujet du stress à la suite d’un incident critique et la façon de le gérer, au moins à chaque trois ans. Sachant ce qu’est le stress à la suite d’un incident critique, la façon de le gérer est comme se faire donner un vaccin contre la grippe; bien qu’il n’y ait pas de garantie qu’on n’attrapera pas la grippe après l’inoculation, le vaccin augmente notre résistance à certaines souches de grippe. De la même manière, nous espérons réduire l’impact de ces événements trauma tisants sur les bénévoles à l’aide des connaissances, mais surtout en leur faisant réaliser que les réactions au stress qu’ils vivent sont des réactions normales et que de l’aide est disponible. Cette aide est offerte par l’entremise d’un ensemble d’interventions fournies par le programme.

Nous soulignons que ces interventions constituent une approche organisée à la gestion des réactions de stress pour des personnes éprouvant des réactions normales face à un événe ment anormal. Ce processus est conçu pour réduire l’impact et accélérer la guérison. Les interventions utilisées le plus couramment comprennent le soutien individuel, le désamorçage de la situation en petit groupe et les débreffages en petits ou gros groupes. L’aspect final est le suivi avec les personnes impliquées pour s’assurer que les réactions de stress qu’ils ont vécues se calment ou n’existent plus. Si elles se poursuivent, nous encourageons ces personnes à voir un PSM pour obtenir des soins de niveau plus élevé.

Programme confidentiel

Un autre aspect très important du programme est sa nature confidentielle. L’information est gardée en toute confidentialité, aucun nom de per sonnes ou aucune conversation n’est enregistré de quelque manière que ce soit et on ne permet pas que les interventions deviennent des critiques opérationnelles; elles constituent un processus visant à fournir le soutien à la suite d’un incident critique.

Tous les bénévoles de la R-S en C.-B. peuvent avoir accès au programme en appelant le Centre de coordination d’urgence et en demandant qu’un pair communique avec eux. Au fur et à mesure que notre programme devient de plus en plus actif à l’aide de séances d’éducation et de sensi bilisation exposant les bénévoles de la R-S à la GSIC, et que le bouche à oreille fait son oeuvre à la suite d’interventions réussies, notre prog ramme répond à un volume plus important d’appels. L’été dernier, notre programme a été activé à onze reprises en juillet et en août. Nous avons reçu moins d’appels en septembre, ce qui nous a permis de nous occuper du volume d’appels. Afin de réagir à des démissions récentes pour cause de raisons personnelles, nous ferons du recrutement au cours de la nouvelle année.

Pour de plus amples renseignements sur le programme, veuillez envoyer un courriel au coordonnateur de programme, Whitney Numan (w2num@bulkley.net) ou lui téléphoner au 250-847-9805.


Whitney Numan a participé au développement du Programme de gestion du stress à la suite d’un incident critique de la C.B. Il est bénévole en R-S depuis 1989, et gestionnaire de R-S depuis 1991.

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Date de modification : 2009-02-09

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