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Gestion du stress à la suite d’un incident critique : Un modèle axé sur les collègues en Colombie-Britannique.
Par Whitney Numan, PGSIC BCSARA
En janvier 2007, un projet de deux ans pour développer un
programme de gestion du stress à la suite d’un incident critique (GSIC) axé sur les pairs pour les bénévoles de la recherche
et du sauvetage (R-S) en Colombie-Britannique (C.-B.) est entré
en fonction. Pendant un certain nombre d’années, quelques
bénévoles de la R-S, actifs dans d’autres programmes de GSIC
axés sur les pairs ou qui avaient une formation en GSIC, ont
reconnu que les bénévoles de la R-S étaient tous aussi vulnérables au stress post-traumatique que d’autres intervenants
d’urgence tels que les policiers, les pompiers et les ambulanciers.
En C.-B., il y a environ 2 500 bénévoles formés en R-S qui
répondent à plus de 1 000 appels par année. Environ 25 pour
cent de ces appels impliquent des sauvetages médicaux. En
général, ces sauvetages sont aggravés par un terrain difficile
et d’autres conditions qui ajoutent au stress des intervenants.
Au cours de la dernière année financière qui s’est terminée
le 30 mars 2008, on a trouvé 69 personnes décédées et
57 personnes manquent encore à l’appel. Ces données
correspondent aux moyennes statistiques des cinq dernières
années qui s’élevaient à 66 décès et à 53 personnes jamais
retrouvées. Dans les deux situations, la récupération des
corps ou le fait de ne pas retrouver les personnes ajoutent
plus de stress sur les bénévoles. À l’heure actuelle, la province
compte 88 équipes de R-S qui fournissent ce service vital pour
le compte de la province, et des agences responsables qui
comprennent les services de police locale pour les personnes
disparues, le service d’ambulance de la C.-B. pour les
sauvetages médicaux et le service de coroner de la C.-B.
pour la récupération des corps.
Les bénévoles disposés à parler à d’autres bénévoles
On peut se demander pourquoi nous avons décidé d’établir
un modèle axé sur les pairs. Nous avons opté pour cette
approche simplement parce qu’elle fonctionne et que les
bénévoles de la R-S sont disposés à participer au programme.
Comme nous l’avons mentionné auparavant, les bénévoles
de la R-S sont en général perçus en tant qu’intervenants
d’urgence comme les autres et en termes très globaux, ces
bénévoles sont en général des person nalités de « type A » : ils
sont forts et désirent aider les autres en temps de crise ou dans
une situation d’urgence. Il est peu probable que ces personnes
décident d’elles-mêmes de chercher de l’aide professionnelle,
parce qu’elles croient que ce serait perçu comme étant une
faiblesse. Toutefois, ces gens sont plus disposés à s’asseoir
avec leurs collègues pour discuter et c’est donc le format qui
semble fonctionner le mieux. C’est un environnement sécuritaire
parce qu’ils sont avec leurs collègues et d’autres personnes qui
parlent comme eux, travaillent comme eux et vivent les mêmes
expériences. Il s’agit d’une réalité que peu de professionnels de
la santé mentale (PSM) peuvent offrir.
Selon la nature de l’incident critique et du type d’intervention
choisi, les collègues de la R-S pourraient demander à un PSM
de faciliter l’intervention ou d’y participer. Les collègues de la
GSIC sont formés et connaissent les protocoles très précis
auxquels ils doivent adhérer, tout comme dans les situations de
premiers soins et de la réanimation cardio-respiratoire. Ils doivent
suivre ces protocoles à la lettre et ne peuvent pas en dévier à
moins d’être sous la tutelle d’un PSM pendant l’intervention. Ces
interventions offrent aux bénévoles de la R-S des « premiers
soins psychologiques » et leurs pairs sont formés pour reconnaître si un niveau de soins plus élevé peut s’avérer nécessaire,
et s’il faut recommander ces personnes à des soins plus poussés.
À la suite des interventions axées sur les collègues, l’expérience
a démontré que les bénévoles reçoivent maintenant l’aide professionnelle
nécessaire. Sinon, ils n’auraient peut-être pas emprunté
ce chemin sans l’implication des bénévoles dans l’intervention
et en suivant les conseils d’un collègue de la GSIC.
Le programme
Notre programme suit rigoureusement et adhère aux protocoles
reconnus à l’échelle internationale établis par l’International
Critical Incident Stress Foundation (http://www.icisf.org). À l’heure
actuelle, nous avons 20 pairs actifs partout dans la province
qui ont reçu la formation sur ces protocoles et qui se rencontrent
deux fois par année pour de la formation et de l’expérience
supplémentaires. Le programme est aussi mené par un
comité directeur qui, en compagnie de la coordonnatrice du
programme, prennent les décisions quotidiennes relativement au
programme. Des téléconférences per mettent au comité directeur
de discuter sur une base mensuelle et tous les pairs de
discuter à tous les deux mois. Nous avons aussi un directeur
clinique qui est un PSM et qui fournit aux pairs une personne à
qui parler au sujet d’un incident ou d’une intervention qui peut
les avoir affectés. Les pairs eux-mêmes peuvent aussi souffrir
d’un traumatisme lorsqu’ils dirigent une intervention ou qu’ils y
participent à cause de la nature explicite des événements.
Le programme provincial d’intervention d’urgence appui le
programme en couvrant tous les coûts des interven tions lorsqu’il
y a des demandes pour nos services. La British Columbia Search
and Rescue Association fournit le financement et le soutien pour
la formation des pairs, ainsi que les fonds liés aux coûts de la
prestation des séances de formation et de sensi bilisation aux
bénévoles de la R-S. Les collègues sont très reconnaissants
de ce soutien tout comme le sont les bénévoles qui ont profité
de nos services.
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L’équipe de Gestion du stress à la suite d’un incident critique de BCSARA Photo courtoisie de : Whitney Numan |
Principaux services
Nous fournissons trois services clés
pour les bénévoles de la R-S en C.-B. :
l’éducation et la sensibilisation, les interventions de gestion du stress à la suite
d’un incident critique et le suivi après
l’incident. En ce qui a trait à l’éducation
et la sensibilisation, notre but est de
fournir à tous les bénévoles de la R-S
l’information clé au sujet du stress à la
suite d’un incident critique et la façon de
le gérer, au moins à chaque trois ans.
Sachant ce qu’est le stress à la suite
d’un incident critique, la façon de le gérer
est comme se faire donner un vaccin
contre la grippe; bien qu’il n’y ait pas de
garantie qu’on n’attrapera pas la grippe
après l’inoculation, le vaccin augmente
notre résistance à certaines souches de
grippe. De la même manière, nous espérons réduire l’impact de ces
événements trauma tisants sur les
bénévoles à l’aide des connaissances,
mais surtout en leur faisant réaliser que
les réactions au stress qu’ils vivent sont
des réactions normales et que de l’aide
est disponible. Cette aide est offerte par
l’entremise d’un ensemble d’interventions
fournies par le programme.
Nous soulignons que ces interventions
constituent une approche organisée à
la gestion des réactions de stress pour
des personnes éprouvant des réactions
normales face à un événe ment anormal.
Ce processus est conçu pour réduire
l’impact et accélérer la guérison. Les
interventions utilisées le plus couramment
comprennent le soutien individuel, le
désamorçage de la situation en petit
groupe et les débreffages en petits ou
gros groupes. L’aspect final est le suivi
avec les personnes impliquées pour
s’assurer que les réactions de stress
qu’ils ont vécues se calment ou n’existent
plus. Si elles se poursuivent, nous
encourageons ces personnes à voir un
PSM pour obtenir des soins de niveau
plus élevé.
Programme confidentiel
Un autre aspect très important du
programme est sa nature confidentielle.
L’information est gardée en toute
confidentialité, aucun nom de per sonnes
ou aucune conversation n’est enregistré
de quelque manière que ce soit et on ne
permet pas que les interventions
deviennent des critiques opérationnelles;
elles constituent un processus visant à
fournir le soutien à la suite d’un incident
critique.
Tous les bénévoles de la R-S en C.-B.
peuvent avoir accès au programme
en appelant le Centre de coordination
d’urgence et en demandant qu’un pair
communique avec eux. Au fur et à mesure
que notre programme devient de plus en
plus actif à l’aide de séances d’éducation
et de sensi bilisation exposant les bénévoles de la R-S à la GSIC, et que le bouche
à oreille fait son oeuvre à la suite d’interventions réussies, notre prog ramme
répond à un volume plus important
d’appels. L’été dernier, notre programme
a été activé à onze reprises en juillet et
en août. Nous avons reçu moins d’appels
en septembre, ce qui nous a permis de
nous occuper du volume d’appels. Afin
de réagir à des démissions récentes
pour cause de raisons personnelles,
nous ferons du recrutement au cours de
la nouvelle année.
Pour de plus amples renseignements
sur le programme, veuillez envoyer
un courriel au coordonnateur de
programme, Whitney Numan
(w2num@bulkley.net) ou lui
téléphoner au 250-847-9805.
Whitney Numan a participé au développement
du Programme de gestion du stress à la suite
d’un incident critique de la C.B. Il est bénévole
en R-S depuis 1989, et gestionnaire de R-S
depuis 1991.
Table des matières
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