PRÉVENTION
Faire la nouvelle
Comment le Canadian Avalanche Centre travaille
sur la sécurité en cas d’avalanche avec les médias
Par Mary Clayton
Directrice des communications, Canadian Avalanche Centre
Le Canada est un pays alpin, mais la plupart des Canadiens
ont peu ou pas de connaissance au sujet des avalanches.
Le Canadian Avalanche Centre (CAC) consacre beaucoup
d’effort pour sensibiliser les gens aux avalanches et aux
stratégies de sécurité en cas d’avalanche. Le but est d’élargir
la sensibilisation du public au phénomène des avalanches et
d’élargir la portée des programmes et services. Certains des
moyens les plus efficaces utilisés sont les médias électronique
et imprimé.
Mode réactif
Pour une population de plus en plus urbanisée, les conflits avec
la nature sont choquants. Tout ce qui choque ou sort de l’ordinaire
peut faire la nouvelle. Lorsque les avalanches causent des
décès, la fermeture de routes ou isolent des collectivités,
l’attention des médias est immédiate. Toutefois, les
journalistes n’ont souvent aucune connaissance du contexte
de l’enneigement ou des avalanches. La pression d’être
les premiers à diffuser la nouvelle peut donner lieu à de
l’information qui pourrait être erronée ou dangereuse.
Dans ces situations, nous devons faciliter la distribution d’une
information exacte, opportune et pertinente pour la sécurité
du public, sans alimenter le sensationnalisme. Dans notre rôle
de bureau central pour tout ce qui concerne les avalanches
au Canada, nous avons accordé jusqu’à 30 entrevues en une
seule journée après un événement particulièrement important.
Nous avons appris comment nous préparer pour ces assauts
et comment nous assurer que notre porte-parole soit informé
et prêt à présenter les messages que nous devons véhiculer.
Il est critique que notre rôle soit limpide. Au CAC, nous parlons
avec autorité de la stabilité de l’enneigement, de la façon dont
les avalanches se forment, des statistiques sur les avalanches
au Canada et de toutes sortes de sujets connexes intéressants.
Toutefois, notre principal intérêt demeure la sécurité du public
dans l’arrière-pays et nos porte-parole savent à quelles questions
ils peuvent répondre et quelles questions ils doivent référer
à d’autres organisations.
Nous savons que l’intérêt des médias est ce qui fait la nouvelle.
Nous essayons de prévoir quelles questions seront posées de
façon à préparer des réponses qui serviront notre but – la sécurité
du public en cas d’avalanche. Nos porte-paroles ont reçu une
formation médiatique et répété des stratégies d’entrevue leur
permettant de répondre aux questions des journalistes, tout
en assurant la promotion de notre message de sécurité.
Mode proactif
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Le CAC travaille avec les medias lorsqu’il veut
promouvoir le message de l’organisation. Photo courtoisie de : Canadian Avalanche Centre |
Le CAC demande souvent aux médias de couvrir nos activités.
Le défi consiste à présenter un contenu qui attirera la couverture
médiatique et à transmettre nos messages de sécurité d’une
manière qui rejoint le public, et de façon rentable. C’est un
grand défi, mais il vaut l’effort.
Il est important de se rappeler que « ce qui fait la nouvelle »
c’est tout ce qui est hors de l’ordinaire. Pour la plupart des
gens, le travail du CAC est hors de l’ordinaire, de sorte que
l’organisation est toujours prête. Toutefois, la neige glissant
d’une montagne ne suffit pas – il faut un intérêt, une « amorce »
qui fera que le journaliste voudra raconter l’histoire.
Nous nous adressons aux médias avec diverses histoires tout
au long de chaque hiver. Certaines sont vitales pour la sécurité
du public, d’autres sont davantage axées sur l’intérêt humain.
Toutes commencent par un communiqué de presse.
Les salles de nouvelles sont inondées de communiqués; c’est
pourquoi il est important d’y consacrer un certain temps. Un
communiqué devrait être rédigé comme un article de journal –
un langage concis et simple, et débutant par l’information la
plus importante. C’est toujours une bonne idée d’inclure une
citation d’un porte-parole qui aide à faire passer le message
d’une manière colorée et espérons-le, mémorable.
L’idée est de rendre le travail du journaliste plus facile. Le
but principal est d’obtenir une vaste couverture et beaucoup
d’entrevues. Lorsque cela se produit, nous savons que nous
avons fait de notre mieux pour présenter notre message de
prévention.
Leçons apprises
Que nous nous engagions avec les médias
par nous-mêmes ou en réaction à un événement
extérieur, il y a des éléments essentiels
de la communication qui s’appliquent partout.
Nous avons constaté qu’il est préférable de
nous en tenir à quelques messages clés,
habituellement pas plus de trois. Il est
impor tant de déterminer qui parlera aux
médias et qui ne parlera pas. Tous les
porte-paroles devraient recevoir une
formation médiatique et savoir comment
présenter les messages de manière
systématique.
Au cours des dernières années, nous avons
vu une augmentation prononcée du profil
public de notre organisation. Nos
pronostiqueurs d’avalanches deviennent
des « réguliers » auprès de plusieurs
médias et nous croyons que nous sommes
sur la bonne voie pour la sensibilisation aux
avalanches. Le temps investi afin de se
préparer pour les médias rapporte toujours.
Les médias sont un outil très puissant.
Nous avons commis des erreurs en cours
de route en tentant d’harnacher cet outil et
nous en avons tiré de précieuses leçons.
Notre but est d’aider les Canadiens
à comprendre et à apprécier les
avalanches en tant qu’aspect naturel
de l’environnement hivernal, intrin sèque
à de nombreuses activités hivernales, et
habituellement gérable en fonction de prises
de décisions bien éclairées. Les médias
nous aident à atteindre ce but.
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Avant l’entrevue : Préparation
- Posez-vous les questions suivantes : Qu’est-ce que je veux que dise
la manchette? Qu’est-ce que je veux que le journaliste retienne lorsque
l’entrevue sera terminée?
- Préparez des expressions de rappel au cas où le journaliste s’éloigne
du sujet et vous dirige en territoire inconnu. Essayez de le ramener
par des expressions telles que « il y a une préoccupation tout aussi
importante, qui est… » ou « permettez-moi d’ajouter… ».
Durant l’entrevue : À faire
- Sachez d’avance ce que vous allez dire.
- Connaissez vos faits.
- Commencez par le message principal.
- Prenez votre temps, rien ne presse. À moins qu’il s’agisse d’une
entrevue en direct, c’est acceptable de demander de recommencer
si vous croyez pouvoir améliorer votre réponse.
- Gardez vos réponses brèves. Essayez de répondre en 10 à 15
secondes.
- Tenez-vous-en à votre réponse ou message clé même si vous avez
l’impression de vous répéter.
- Adoptez un ton conversationnel.
- Ne vous laissez pas distraire par l’environnement – fermez la porte
et demandez aux autres de ne pas faire de bruit.
- Utilisez un langage propice à la citation.
- Démontrez l’énergie que vous avez quant à votre sujet. Prenez
conscience de votre ton, de votre langage corporel et de votre
apparence.
- Essayez de faire de chaque question une possibilité de parler
des points de votre message.
Durant l’entrevue : À éviter
- Ne pas mentir.
- Ne pas utiliser de jargon; utilisez un langage clair et simple.
- Il n’y a rien d’« officieux » et une entrevue n’est jamais terminée.
Chaque microphone devrait être considéré actif en tout temps.
- Les journalistes essaient parfois « d’aller à la pêche ». Ne réagissez
pas à leurs appâts.
- N’ignorez pas de façon flagrante un commentaire critique. Ne répétez
pas des paroles négatives utilisées dans une question; transformez les
paroles négatives en paroles positives.
- Ne répondez pas aux questions spéculatives ou hypothétiques.
- Surveillez les questions dichotomiques. Si vous n’aimez pas les options,
répondez autrement.
- Soyez conscient du ouï-dire ou des commentaires non justifiés. Ne répondez
pas à ce que vous n’avez pas entendu directement.
- Attention à l’information erronée; corrigez avant de continuer.
- Ne soyez pas intimidé par les questions en rafale. Répondez aux
questions une à la fois et à un rythme confortable.
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Table des matières
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