Secrétariat national recherche et sauvetage / National Search and Rescue Secretariat Gouvernement du Canada

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CHANGEZ AU 406


Adieu 121,5 MHz :

Coup d’oeil sur le passage du système
COSPAS-SARSAT à la technologie sur
406 MHz, après le 1er février 2009

Par Carole Smith, SNRS

Le début d’une nouvelle ère…

Le 1er février 2009, les alertes par satellites de recherche et de sauvetage (R-S) partout sur la planète entrent dans une ère nouvelle. Après 27 ans de surveillance des signaux des radiobalises de détresse fonctionnant sur la fréquence 121,5 MHz, le Système international de satellites pour les recherches et le sauvetage, COSPAS-SARSAT, est passé au traitement exclusif de signaux numériques sur la fréquence 406 MHz. Tout juste après minuit, temps universel coordonné, le 1er février dernier, les codes transmis aux satellites COSPAS-SARSAT ont automatiquement éteint le système sur 121,5 MHz et les instruments associés sur 243 MHz.

Switch to 406.

Aujourd’hui, seuls les radiobalises maritimes de localisation de sinistres (RLS), les balises de localisation personnelle (BLP) et les émetteurs de localisation d’urgence (ELT) d’aéronef émettant sur une fréquence principale de 406 MHz continuent de bénéficier de la surveillance mondiale par satellite de R-S.

Il y a plus de huit ans, en octobre 2000, COSPAS-SARSAT a choisi la date butoir du 1er février 2009 pour mettre fin à la couverture par satellite de la fréquence 121,5 MHz. À cette époque, les limites des balises analogiques sur 121,5 MHz étaient déjà devenues évidentes, par rapport aux possibilités de leurs cousines sur 406 MHz plus perfectionnées, plus précises et plus puissantes. C’est pour cette raison que des organismes axés sur la sécurité, comme l’Organisation maritime internationale et l’Organisation de l’aviation civile internationale notamment, recommandaient l’adoption intégrale de la technologie 406 MHz. Après l’établissement de la date d’abandon progressif de février 2009, les participants du programme COSPAS-SARSAT ont concentré leurs efforts, et leurs investissements financiers, au soutien et à l’amélioration à long terme du système sur 406 MHz.

L’aviation canadienne et le passage à la technologie sur 406 MHz

Au Canada, les utilisateurs des balises de détresse marines et terrestres ont déjà adopté la technologie sur 406 MHz. Par contre, la majorité des avions et des hélicoptères canadiens tenus de transporter une balise de détresse (environ 24 100 appareils) sont toujours équipés d’ELT fonctionnant sur 121,5 MHz. Bien que Transports Canada soit actuellement engagé dans une initiative de réglementation obligeant l’utilisation d’ELT 406 MHz ou d’un équivalent acceptable, le passage à la technologie sur 406 MHz se fait toujours sur une base volontaire pour les aéronefs privés, d’État et commerciaux. Les États-Unis n’ont pas encore indiqué qu’ils exigeraient l’utilisation des ELT sur 406 MHz, mais plusieurs autres pays, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les ont rendus obligatoires.

En date du 28 février 2009, seulement près de 10 pour cent des aéronefs canadiens ont enregistré un ELT sur 406 MHz dans le Registre canadien des balises de détresse. Les enregistrements sont toutefois en hausse, et il est prévu que le nombre doublera d’ici avril de cette année. En réalité, il semble y avoir un nombre beaucoup plus élevé d’ELT 406 MHz en service que ce qui est observable par le Registre. Étant donné que l’enregistrement des anciens ELT sur 121,5 MHz n’était pas obligatoire – ces émetteurs analogiques ne pouvaient pas transmettre un signal codé unique – on suppose que certains propriétaires et opérateurs d’aéronefs ne sont simplement pas au courant de l’exigence d’enregistrer leurs ELT sur 406 MHz. L’enregistrement sur le Registre est une étape cruciale pour l’efficacité des interventions de R-S, puisque le Registre renferme les coordonnées de la personne avec qui communiquer en cas d’urgence du propriétaire/opérateur d’aéronef, ainsi que divers détails, dont la couleur et la configuration de l’appareil. Ces renseignements sont précieux pour la coordination fructueuse des efforts de recherche dans des situations où le temps est un facteur critique.

Des défis pour la R-S aérienne

Les Forces canadiennes demeurent chargées de la gestion des opérations de R-S visant les aéronefs disparus et écrasés. Cependant, le manque actuel de renseignements en matière de détection et de positionnement par satellite pour les incidents subis par des aéronefs équipés d’ELT sur 121,5 MHz constitue un risque potentiel pour la sécurité et l’efficacité des missions de R-S. Sans l’aide des données d’alerte et de localisation obtenues par satellite, les missions peuvent être prolongées et devoir compter davantage sur les techniques de recherche visuelles. Ce risque est également la réalité des bénévoles de l’Association civile de recherche et de sauvetage aériens, qui aident les Forces canadiennes dans l’exécution de leur mandat de R-S aéronautique.

Étant donné que la fréquence de 121,5 MHz est aussi la fréquence de détresse vocale internationale pour l’aviation, les tours de contrôle de circulation aérienne et les stations d’information de vol de NAV CANADA en continuent la veille durant leurs heures de service. De nombreux aéronefs de survol, tout particulièrement les avions de ligne, veillent aussi la fréquence de 121,5 MHz; une courtoisie pour leurs collègues aviateurs. Tous les signaux d’ELT entendus sur cette fréquence (sauf au cours des cinq premières minutes de chaque heure, qui sont réservées pour les essais d’ELT) sont signalés au Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage approprié comme alerte de détresse possible.

Cette pratique constitue un filet de sécurité important en l’absence de surveillance par satellite, et les pilotes sont encouragés à maintenir l’écoute sur 121,5 MHz. Malheureusement, ces comptes rendus de pilotes sont généralement beaucoup moins précis que les coordonnées anciennement obtenues par le système sur 121,5 MHz de COSPAS-SARSAT. La portée maximale théorique d’une balise sur 121,5 MHz dont le signal est capté par un avion de ligne volant à 37 000 pieds d’altitude peut atteindre 200 milles marins ou plus, ce qui situe l’ELT quelque part à l’intérieur d’une zone de recherche de 430 000 kilomètres carrés. De plus, contrairement au signal numérique de l’ELT sur 406 MHz, un signal anonyme sur 121,5 MHz ne fournit aucun renseignement utile aux autorités de R-S quant aux personnes pouvant être en détresse. Le 14 mars 2009, plusieurs avions volant à haute altitude ont signalé la présence d’un signal ELT dans une zone de 100 milles marins de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Ce n’est que lorsque le plan de vol marin a expiré, une demiheure plus tard, que le signal a été confirmé comme étant réellement une transmission de détresse, et que l’identité probable de l’avion a été connue. Néanmoins, l’ELT sur 121,5 MHz a tout de même été utile pour conduire un avion Hercule et un hélicoptère Cormorant du 413e Escadron sur le site très boisé de l’écrasement, situé à environ 25 milles marins au nord de Fredericton. Les trois occupants de l’appareil ont été traités par les techniciens en R-S et transportés pour obtenir des soins médicaux. Ce cas souligne aussi la valeur ajoutée de rédiger des plans de vol.

Enfin, il est prévu que la mise hors service imminente et l’élimination des milliers d’ELT sur 121,5 MHz remplacés par les unités sur 406 MHz créent des problèmes pour le système de R-S. L’oubli d’enlever les piles et de désactiver les circuits électroniques peut entraîner le lancement de recherches inutiles quand ces anciens ELT seront découverts par des enfants curieux (ou des adultes ayant conservé cette curiosité enfantine), seront abandonnés à la rouille sur des établis d’atelier ou se retrouveront dans le fond d’un camion à ordures.

Dans l’ensemble, il semble évident que les pilotes et les passagers desservis par la R-S aérienne au Canada seront avantagés par l’adoption accélérée de la technologie sur 406 MHz par le secteur de l’aviation.

La promotion du passage à la technologie sur 406 MHz

Comme les éditions précédentes de SARSCÈNE en font foi, depuis l’automne 2007, le Secrétariat national de recherche et de sauvetage (SNRS) attache une importance primordiale à la communication et à la promotion du passage à la technologie sur 406 MHz au sein du secteur de l’aviation.

En partenariat avec les Forces canadiennes et Transports Canada, le SNRS :

  • a veillé à ce que les 91 000 pilotes brevetés et techniciens d’entretien d’aéronef du Canada reçoivent une trousse d’information sur le programme Changez au 406;
  • a présenté des expositions et distribué de l’information lors des grands événements relatifs à l’aviation canadienne;
  • a fait des présentations lors de conférences régionales sur l’entretien des aéronefs et dans d’autres forums spéciaux partout au Canada;
  • a envoyé des lettres et des articles sur le programme Changez au 406 à des journaux et des revues;
  • a créé des fiches de renseignements et du matériel de communication décrivant le changement au système COSPAS-SARSAT et donnant des renseignements pratiques sur la façon de s’y adapter;
  • a donné des séances d’information aux intervenants de la R-S sur l’état et les répercussions du passage à la technologie sur 406 MHz;
  • a mis à jour les publications de vols importantes touchées par la modification de la surveillance satellite de R-S;
  • a fait la liaison avec les fabricants et les distributeurs pour surveiller l’offre et la demande d’ELT; et
  • a fait des recherches sur les statistiques de rendement et de fausses alertes des ELT.

Un élan continu

Bien que l’étape de l’entrée du système COSPAS-SARSAT dans l’ère numérique soit terminée, le SNRS continuera de fournir des renseignements utiles sur ce système humanitaire remarquable et sur les radiobalises de détresse sur 406 MHz qu’il prend en charge.

Une attention spéciale sur le secteur de l’aviation est maintenue en 2009-2010, accompagnée d’un accent particulier sur la sélection, la programmation, l’enregistrement et l’essai des ELT sur 406 MHz. La réduction des fausses alertes sera aussi mise en évidence, y compris les procédures appropriées de mise hors service des milliers d’unités sur 121,5 MHz qui seront vraisemblablement mis hors service au cours des 12 à 24 prochains mois.

La communauté élargie des utilisateurs de radiobalises sur 406 MHz constitue aussi un élément prédominant des plans du Secrétariat pour 2009-2010. Le SNRS prévoit produire et faire la promotion de nouveau matériel portant sur l’utilisation et l’enregistrement des radiobalises marines et terrestres pour faire en sorte que les avantages du système COSPAS-SARSAT continuent d’être entièrement accessibles à tous les Canadiens.

Pour être au courant des derniers développements relatifs à la stratégie de communication du programme « Changez au 406 », surveillez les prochaines éditions du magazine SARSCÈNE et consultez régulièrement le site Web www.nss-snrs.gc.ca.

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Date de modification : 2009-05-22

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