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Vol. 18, No. 2
Été 2009

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SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL


La rotation verticale


Les effets de la vibration et de la posture sur l’équipage d’aéronefs à voilure tournante

By Dr. Emily Roback, B.Sc., D.C.

Hélicoptère

La lombalgie figure parmi les problèmes de santé les plus importants chez les membres d’équipage d’aéronefs à voilure tournante de Mustang Helicopters Ltd., à Red Deer, en Alberta. Ce problème de santé touche également un grand nombre de membres du personnel de recherche et sauvetage aériens à travers le Canada. La position assise en vol et les vibrations produites par l’aéronef sont des facteurs de risques élevés concernant la lombalgie.

Les principales causes de lombalgie comprennent les vibrations mécaniques constantes, une mauvaise posture, le manque de stabilité abdominale, la perte de souplesse et une mauvaise santé ou une mauvaise condition physique. Dans cette optique, un aviateur souffrant de lombalgie alors qu’il est aux commandes d’un aéronef compromet la sécurité du vol. Jusqu’à récemment, il y a eu une augmentation du nombre de pilotes, de navigateurs et d’observateurs se plaignant de difficultés à se concentrer en vol, ainsi qu’à être confortablement installés pour ce qui est de la colonne lombaire et des jambes lorsqu’à bord d’un hélicoptère.

Selon Nigel Day, responsable de la sécurité chez Mustang Helicopters Ltd, les lombalgies et les douleurs sciatiques du côté droit chez les pilotes d’hélicoptère sont causées par les vibrations horizontales et verticales constantes et la posture du pilote en vol1. La puissance de l’impulsion émise de la vibration d’un hélicoptère atteint des fréquences d’environ 5 Hz, ce qui correspond à la fréquence de résonance du haut du corps humain2. Cela signifie que non seulement le pilote risque de souffrir de lombalgie, mais également le navigateur et les observateurs.

De plus, il existe plusieurs points de contact entre l’équipage et l’aéronef, les mains, les pieds, la colonne lombaire et le bassin. La région lombo-pelvienne (la colonne lombaire et le bassin) reçoit toutes les forces horizontales et verticales. Les forces horizontales sont des forces de cisaillement et les forces verticales sont des forces de compression. Dans cette optique, la colonne lombaire et le bassin sont en étirement musculaire maximal et leur soutien articulaire est minimal en raison des vibrations produites par l’aéronef.

Posture asymétrique

Une mauvaise posture est également reliée à la présence de lombalgie et de névralgie sciatique. Dans l’Eurocopter Astar, l’un des hélicoptères les plus novateurs à l’aéroport régional de Red Deer, le pilote doit se pencher en avant et vers la gauche pour manoeuvrer les commandes. Cela semble être la principale posture assise en vol pour la plupart des pilotes d’hélicoptère. Quant à lui, l’observateur doit se tourner vers la vitre la plus proche pour faire une recherche sur le terrain. Cette posture asymétrique pendant de longs vols a tendance à provoquer une fatigue musculaire, qui entraîne souvent des douleurs. La durée moyenne d’un vol va de quatre à six heures et comprend trois ou quatre atterrissages pour le ravitaillement en carburant.

Le poste de travail d’un pilote, d’un navigateur ou d’un observateur ressemble beaucoup à celui d’un employé de bureau. La relation particulière des extrémités (bras et jambes) avec les abdominaux se définit comme la stabilité centrale. Plus la colonne vertébrale est stable, plus il est facile de bouger les bras et les jambes.

Le positionnement idéal du centre consiste à aligner les bras et les jambes avec la colonne vertébrale là où un stress mécanique minimal est appliqué sur les tissus mous (par exemple les muscles, les ligaments, les tendons, la capsule, etc.), les os et les articulations. Un alignement incorrect entraîne des demandes mécaniques supplémentaires aux structures de soutien, en plus d’user les articulations. Un mauvais positionnement du bassin entraîne également une trop grande inclinaison antérieure du bassin (le haut du bassin tourne vers l’avant), ce qui est fréquent chez les personnes qui demeurent longtemps en position assise dans un aéronef.

L’importance des étirements

Une position assise prolongée sans soutien peut aussi entraîner une perte de flexibilité par rapport à l’articulation de la hanche et aux groupes musculaires de soutien. La routine d’étirement après vol doit être constituée d’exercices axés sur cinq groupes musculaires importants : les muscles fléchisseurs de la hanche (muscles psoas iliaques et muscles droit-antérieurs), les rotateurs latéraux de la hanche (muscles piriformes), les abducteurs de la hanche (bandelettes de Maissiat et muscles tenseurs fascia lata), les extenseurs de la hanche (muscles ischio jambiers, muscles fessiers et mollets) et la poitrine (muscle grand pectoral et muscle petit pectoral). Le plus souvent, ceux qui ne s’étirent pas bougent constamment sur leur siège pour minimiser l’inconfort à la colonne lombaire et aux jambes.

Pour un membre typique de l’équipage d’un aéronef, il n’est pas considéré comme prioritaire d’avoir de bonnes habitudes de forme physique à moins de connaître une diminution de la qualité de vie et de l’efficacité des recherches. Une prise de poids, une baisse d’énergie et une augmentation de l’usure des articulations encouragent l’employé à prendre plus de congés et à aller voir le médecin plus souvent. Piloter un hélicoptère prédispose le personnel à la lombalgie et à des lésions articulaires dégénératives3.

Il est important d’effectuer des étirements particuliers pour la colonne lombaire, mais il est également primordial de progresser vers des exercices de plus haut niveau en ce qui concerne la stabilité, l’endurance et la force musculaire, la puissance et l’agilité, l’équilibre et la coordination. En améliorant leur puissance, leur agilité, leur équilibre et leur coordination, les pilotes acquièrent une meilleure vitesse, et une meilleure coordination visuelle et manuelle. Une augmentation de la masse musculaire, de la prise de vitamines et minéraux, de la consommation d’aliments sains, et de la densité osseuse entraîne un métabolisme plus élevé et de plus faibles pourcentages de tissus adipeux. Par conséquent, l’équipage peut manoeuvrer l’aéronef avec facilité et se maintenir en forme et en santé.

Mieux vaut prévenir que guérir

La prévention est la meilleure méthode pour gérer les lombalgies causées par les vibrations mécaniques constantes, une mauvaise posture, le manque de stabilité abdominale, la perte de souplesse et une mauvaise santé ou une mauvaise condition physique. Il est recommandé d’utiliser des coussins pour atténuer l’effet des vibrations se produisant au cours d’un seul vol. Chaque fois qu’il est possible de faire atterrir l’aéronef, faites une autre série d’exercices d’étirement des muscles.

Lorsque vous êtes longtemps assis, exercez vous à incliner le haut de votre bassin vers l’arrière et à contracter les abdominaux pendant deux minutes toutes les vingt minutes. Grâce à de bons exercices techniques et à une alimentation saine au quotidien, la qualité de vie et l’efficacité des recherches s’amélioreront automatiquement. L’absentéisme diminuera, l’état de préparation s’améliorera, le corps s’usera moins et les coûts associés aux soins de santé et aux anciens combattants baisseront.


Emily Roback est chiropraticienne chez Chiroback Trekker et spécialisée en chiropractie dans le domaine de l’aviation. Ses patients l’ont motivée à obtenir un certificat de guide de ski de montagne et une licence de pilote privé pour travailler dans l’industrie de l’héli-ski. On peut la joindre à roback@doctor.com ou au 403-886–2044.

RÉFÉRENCES:

  1. Day, Nigel. Interview and Conversation. Mustang Helicopters Ltd, 9 avril 2009.

  2. De Oliveira CG and Nadal J. Transmissibility of Helicopter Vibration in the Spines of Pilots in Flight. Aviation. Space and Environmental Medicine. Jun 2005; Vol 76 (6), pp. 576-80.

  3. Harrison, D and et al. Sitting Biomechanics, Part II: Optimal Car Driver’s Seat and Optimal Driver’s Spinal Model. Journal of Manipulative & Physiological Therapeutics; Jan 2000; Vol. 23 Issue 1; pp. 37-48.

 

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Date de modification : 2009-09-16

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